De la douceur du shopping dominical…
Le 26 juillet 2009 | Par Anne-Sophie
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Touchée par le virus de l'info & des médias, éco-convaincue de longue date, j'aspire à mobiliser les consciences à grande échelle...
En ce dimanche, je vous recommande le très bon article de Jessica Reed publié dans The Guardian et repris dans le dernier numéro de Courrier International (n°977, article « tout ça pour aller dans des magasins bondés? »). La journaliste souligne que le débat au sujet du travail le dimanche n’est pas clos dans notre pays et en profite pour interroger les habitudes de la société consumériste dans laquelle nous vivons… De quoi lancer le débat sur Ecolo-Info: êtes vous plutôt pour l »‘immobilité délicieuse » du dimanche – ce « jour lent, à savourer comme une pause bienvenue avant de retourner au charbon le lundi » – ou plutôt tendance « moment familial privilégié » autour d’une « ingestion d’ignobles boulettes de viande suédoises dans un entrepôt géant mal éclairé« ?

Rappelant que le « repos dominical*, établi en 1906, est le premier acquis social* de la France et jouit, à ce titre, d’un caractère sacré » dans notre pays, la journaliste pose la vraie question de fond, au-delà même des droits des salarié: « c’est l’idée de vivre dans un flot ininterrompu de productivité et de travail qui me gêne. Quel espace restera-t-il hors du consumérisme? » demande-t-elle alors, confiant ensuite sa sympathie « pour le concept de décroissance et les mouvements anti-productivistes français qui se demandent si la croissance est vraiment souhaitable d’un point de vue écologique, social et économique. »
Elle est d’ailleurs surprise que l’on puisse justifier (ainsi que l’a fait un homme politique français) le fait d’emmener sa famille à Ikea un dimanche après midi puisse être l’occasion de « passer un moment privilégié avec elle »… « Est-ce que l’ingestion d’ignobles boulettes de viande suédoises dans un entrepôt géant mal éclairé peut être pour quiconque un “moment familial privilégié” ? Faut-il vraiment acheter des paquets de 500 bougies chauffe-plats et de vilains dessus-de-lit pour avoir l’impression d’avoir passé un bon dimanche ? Probablement pas. Le capitalisme s’emploie déjà à nous faire produire plus (de produits inutiles) pour que nous achetions plus (de produits inutiles) et placer la barre plus haut ne me paraît pas constituer une solution à long terme. »
Alors quand retrouverons-nous maintenant dans le dimanche « un espace protégé du mercantilisme », l’occasion de passer une journée « à se promener dans la forêt ou à s’amuser autour d’un repas plutôt que des après-midi sinistres passés dans des magasins bondés en proie à la fièvre acheteuse, voire (que Dieu nous vienne en aide) pire »? Et la journaliste de citer Serge Latouche et sa représentation de la croissance (« un trafiquant de drogue qui, pour satisfaire son besoin constant de nouveaux marchés, crée des besoins et des dépendances qui n’existaient pas auparavant, pour le plus grand plaisir des entreprises transnationales qui profitent de ces nouvelles addictions »).
Notons le contrepoint effectué avec l’article du Financial Time (« c’est aussi la patrie des hypermarchés »), pour qui « la réalité est que la France est autant la patrie de l’hypermarché* que du pittoresque marché de produits du terroir. Mais en ce dimanche idéalisé le seul commerce autorisé est l’achat de produits frais auprès des commerçants locaux (on le sait, rien n’est moins français que de manger du pain de la veille)« . En soutenant la France qui travaille, on aiderait la France qui consomme…?






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Bonjour,
une question que je me pose sur le débat à propos du travail dominical, et à laquelle je ne parviens pas à répondre en fonction de ce que j’entends. A savoir : le problème tourne-t-il autour du travail ce sacro-saint jour catholique, ou autour de la surconsommation ?
Bonjour,
une question que je me pose sur le débat à propos du travail dominical, et à laquelle je ne parviens pas à répondre en fonction de ce que j’entends. A savoir : le problème tourne-t-il autour du travail le dimanche ce sacro-saint jour catholique, ou autour de la surconsommation ?
1. A propos de la consommation, elle est débridée et je ne pense pas qu’une ouverture de plus ou de moins le dimanche y changerait grand chose malheureusement. Que peut-on faire quand la prime de rentrée scolaire passe entièrement dans l’achat d’une paire de baskets de marque alors qu’elle pourrait réhabiller intégralement un enfant. A ce niveau le problème provient plus du manque d’intelligence d’une grande partie de la population !!
2. A propos du dimanche, s’il ne faut pas travailler afin de rapprocher les familles, je suis plutôt pour. Ainsi mes enfants seront très contents que leur médecin de père ne parte plus au milieu du repas dominical pour soigner un « malade » qui tousse depuis 4 ou 5 jours mais qui n’a pas le temps d’aller chez le médecin en semaine, ou pour celui qui appelle, non pas pour être d’attaque le lundi pour aller au travail, mais (situation beaucoup plus répandue) mais pour avoir son arrêt de travail pour ne pas y aller !! Alors d’accord, au nom du repos dominical, fermons les hôpitaux, les cliniques, les pharmacies, les boulangeries, les pompiers, les gendarmes, et moi je dis, la messe pour tout le monde…(mais les curés vont-ils continuer à vouloir travailler le dimanche ?)
Soyons sérieux : des conditions de travail décentes, un jour au moins de repos par semaine, un peu plus d’intelligence dans notre consommation, vivre pour les autres et non pas pour soi…mais peut-être est-ce utopique !!
Mon mari dit « tu vas passer pour une réac », oui et fière de l’être. Assez du politiquement correct, assez d’être contre « pour être contre », proposer plutôt que contester, agir localement « les petits ruisseaux font les grandes rivières »….
Voilà, ce ne sont que quelques mots pour réfléchir.
P.S. je n’ai pas pu lire l’article car il faut être abonné pour cela : consommation quand tu nous tiens !!! (envoyer lire un article sur la surconsommation qu’il faut payer pour lire, c’est très fort et prouve qu’on est pas arrivé)
Merci Mme Raban-Revel pour votre réponse à côté de la plaque. On ne parle pas des missions de service public qui doivent être assurés en continu : santé, sécurité publique, etc. mais de magasins !
Votre premier exemple est flagrant d’idiotie, vous demandez si un médecin ne doit pas aller soigner quelqu’un le dimanche parce-que le patient n’a pas pu le reste de la semaine. En quoi avoir Leclerc et Carrefour fermé empêche le médecin de faire son astreinte ? De plus, si le patient travaille le dimanche, il ne peut pas aller voir le médecin qui lui aussi travaille le dimanche, c’est la semaine qu’il faudra aller le soigner, par exemple le jour où le médecin sera en repos.
La question n’est donc pas de savoir s’il faut fermer les hôpitaux et les casernes de pompiers, mais de savoir s’il faut ouvrir les magasins. Libre à vous de ne pas y répondre, mais si vous voulez le faire essayez de ne pas tomber à côté.
Pour ma part, puisque les propriétaires de magasins tiennent absolument à ouvrir plus, je ne suis pas contre, mais dans des conditions très précises : employer uniquement des étudiants ce jours là, 5h maximum dans la journée (ils ont aussi des études à faire, pour pouvoir devenir médecin et ainsi travailler encore le dimanche), payées 8h à 2 smics minimum (soit environ 140€ brut par dimanche, un peu plus d’une centaine net). A ce rythme on verra si les employeurs ont longtemps d’ouvrir pour plus cher le dimanche, et ainsi reporter les recettes de la semaine au lieu de les augmenter !
Pour ce qui est de la prime scolaire engloutie dans des baskets, c’est triste certes, mais plutôt qu’insulter l’intelligence des gens qui font ce genre d’erreur, interrogez-vous plutôt sur la pression sociale exercée, on en arrive à un point où les gamins n’ont plus le choix, parce que ne pas avoir cette paire de basket l’exclut du groupe. Il ne s’agit même plus de faire comme tout le monde, mais de ne pas être rejeté du groupe. Alors il y a des parents qui sacrifient tout pour ça. Par ce geste ils entretiennent la machine, mais ça leur parait plus simple que de voir leur gamin laissé sur le côté pour une histoire de basket. Ca n’a pas grand chose à voir avec l’intelligence.
Pour ce qui est de payer pour lire l’article, il a été écrit par un journaliste dont c’est le métier, qui a besoin que quelqu’un paie son travail pour nourrir sa famille, édité et publié par un journal et par un journal en ligne, avec des gens qui travaillent pour faire fonctionner tout ça, qui eux-aussi, aussi étonnant que ça puisse vous paraître, on besoin de manger. Du coup soit c’est « gratuit » donc payé par la pub, donc payé par les consommateurs, soit c’est directement payant, le cas ici.
Malheureusement votre commentaire confirme mon propos, à savoir que l’on ne sait pas ù se porte le débat. En ce qui concerne l’article, ce n’est pas le fait qu’il soit payant que je remarque, il est bien évident que tout abonnement à un journal l’est, mais le lien posté.
D’autre part l’insulte est l’arme des faibles ou de ceux qui ne comprennent pas le second degré.
Je ne m’exprimerais plus sur ces forums où je croyais qu’on pouvais réfléchir en groupe, sans langue de bois. C’est je le vois impossible.
AS : Ah, il semble que j’ai raté quelque-chose lorsque j’ai re-répondu à madame Raban-Revel. Je recommence (si ça fait une double édition, merci de supprimer).
Non, ne partez pas de ce site : d’une, ma réponse n’engage que moi, rien n’indique que mon avis soit partagé par les autres lecteurs, ni par les membre de l’équipe écolo-info (dont je ne fais pas partie) ; de deux, même si c’était le cas, les avis contraires doivent conserver leur place.
Ce qui m’a posé problème avec votre réponse (d’où ma réponse trop brutale, d’ailleurs je retire le « flagrant d’idiotie » qui était déplacé), c’est que la question posée ici était limpide : quel est l’intérêt d’ouvrir les magasins le dimanche, et à partir de là la question du consumérisme. Il n’était nulle-part question de remettre en cause le fonctionnement continu de la médecine ou de la sécurité (pompiers/police). C’est sur l’ouverture des magasins que se porte le débat, et c’est là que les avis sont attendus, quels qu’ils soient. Alors allez-y, exprimez-vous, mais restez dans le débat, plutôt que d’en sortir pour le caricaturer.
Pour ce qui est de l’insulte, arme des faibles, je vous citerai : « A ce niveau le problème provient plus du manque d’intelligence d’une grande partie de la population !! » J’ai eu le tort d’insulter un exemple tiré de votre commentaire, vous vous permettez d’insulter une grande partie de la population. C’est vous qui voyez.