La cohérence de tout ça – ACT’Sense #56
Le 20 juillet 2009 | Par Max
Passionné de tous les sujets liés au développement durable, militant et actif en sensibilisation, j’ai eu l’occasion de discuter récemment avec Juan, un ami sociologue, qui tenait délibérément à m’interroger sur ce qu’il considère comme incohérent dans mon comportement, et qui discrédite alors mon message.

Les points de convergence
Pour trouver des points d’accord entre un scientifique et un sociologue, il faut que le scientifique ne simplifie pas trop les problèmes, et que le sociologue évite de ne trop les complexifier.
C’est pourquoi sur des points relativement précis, où l’esprit cartésien peut démontrer un enchaînement de causes et d’effets, et où le sociologue accepte que l’on puisse appréhender l’ensemble des conséquences d’un acte, nous tombons de temps en temps d’accord.
Ex : Les nappes phréatiques de Bretagne sont surpolluées – l’utilisation abusive d’engrais en est responsable en grande partie – passer à l’agriculture biologique réduit cette influence.
Le sociologue, et le scientifique lucide, tenteront ensuite de connaître les conséquences du changement de modèle agricole (emplois locaux – production suffisante ou non, etc..), mais là n’est pas le débat.
Certains problèmes de notre société sont suffisamment isolables pour que l’on puisse y proposer des solutions communes, sans pour autant dire qu’elles sont parfaites.
Ouf! Nous avons au moins des solutions à proposer.
Les valeurs que nous défendons
Le monde de la sensibilisation à ces thématiques urgentes à traiter (dérèglement climatique, surconsommation et augmentation des inégalités) passe souvent pour un monde de moralisateurs. Car nous prétendons que la vérité que nous défendons est LA vérité, et nous nous appuyons sur les rapports toujours plus alarmistes, obsolètes d’une année sur l’autre tant la situation s’emballe.
Nous dénonçons la surconsommation, la perte de valeurs essentielles (famille, nature, temps), l’irresponsabilité de certains citoyens ou dirigeants…
Notre recommandation principale est que chacun doit jouer son rôle de colibri.

Evidemment, nous ne pouvons pas imposer aux africains, qui luttent pour survivre, de trier leurs déchets. Le discernement est important, et nous allons plutôt nous attaquer à ceux qui jouissent et exploitent le système sans penser aux conséquences de leurs comportements.
Si nous allons jusqu’au bout de nos raisonnements, il apparaît de plus en plus évident que notre système capitaliste est totalement incompatible avec les solutions proposées pour sauver l’espèce humaine de l’auto-destruction. (A ce sujet, les livres et propos du journaliste Hervé Kempf sont très clairs, nous en avions parlé sur Ecolo-Info en janvier 2009)
La décroissance, slogan provocateur, fait référence au seul modèle économique viable selon l’avis de plusieurs spécialistes, qui se résumerait d’après Serge Latouche par ‘Travailler moins pour vivre mieux’.
L’incohérence
Les militants, sensibilisateurs, communicants ou politiques, ont des agendas de ministre… ils courent partout, sont accrochés à leurs mails ou leur téléphone, et incarnent finalement ce qu’ils dénoncent: des gens pressés, ayant perdu la notion du temps, de la contemplation de la nature…
Pour réussir dans la mission qu’ils se fixent, certains sont même obligés de monter de grosses entreprises, dans son acception la plus large, et prouvent par là même qu’ils composent admirablement avec notre système capitaliste.
Comment prétendre être écologiste et monter d’énormes projets, qui en phagocytent nécessairement d’autres et mettent en péril l’un des piliers des valeurs écolo : la dimension humaine ?
Proposition de solution
Le problème évoqué ci-dessous est résumé, de manière à ce que tout le monde puisse le lire sans s’endormir. Mais nous pourrions en discuter des heures. N’hésitez pas à réagir, le site est fait pour ça.
Afin de ne pas jeter une bouteille totalement stérilisée dans la mer d’articles du web, je vais essayer de formuler ma réponse à Juan.
Le constat est consensuel: l’Homme fait n’importe quoi avec la Nature.
Le mix de solutions est urgent à mettre en place. Les solutions existent.
La nécessité de mettre à contribution toutes les parties prenantes de la sphère sociétale est évidente.
Et qui mieux qu’un entrepreneur, un chef d’entreprise ou un politique, sait orchestrer les rouages pour qu’ils coopèrent dans le même intérêt ?
Certes, un Arthus-Bertrand, en montant des méga-projets de sensibilisation, fait le jeu de gros industriels qui le financent tout en se lavant la conscience.
Mais combien de petits photographes, de petits cinéastes, faudrait-il pour atteindre la puissance de frappe d’un Arthus-Bertrand ?
Arthus-Bertrand n’a pas créé le capitalisme, et cette société du ‘toujours plus’. Il aurait certainement excellé dans une société différente. Aujourd’hui, il fait avec ce qui existe.
D’autres travaillent à inventer un nouveau modèle… et il les soutient certainement, est à leur écoute.
Et puis les gros industriels qui soutiennent nos stars écologiques…à force d’êtres assis avec ces stars, sous les feux des projecteurs…ça doit finir par les triturer toutes nos histoires de dérèglement climatique, d’urgence, et de responsabilité…non ?
Pour moi, l’incohérence est imposée par l’urgence. Car si l’on n’applique pas au plus vite les solutions, si l’on ne sensibilise ou convainc pas très vite, il sera trop tard.

Une conclusion quand même à tirer, pour ceux qui réfléchissent au monde d’après: le prochain modèle devra permettre à des entrepreneurs de s’exprimer, de se réaliser. S’il omet cette liberté, et ne statue pas sur la redistribution des bénéfices (financiers et technologiques) de la poignée d’entrepreneurs, nous repartirons vers le mur.
++ Liens ++
- Nous en sommes tous capables, Ecolo-Info, Brendan, 13 Janvier 2009
- Système d’exploitation Capitalisme 21.9 cherche solution de débogage, ACT’Sense #37, 12 Janvier 2009
- Les lettres de l’association Nature Humaine






Ondes Vertes
Panier du mois
Bibliothèque
Agenda
Liens
Tchats & Débats
Questions réponses
Sondages

[...] Ecolo-Info » Réfléchir/Entreprendre » La cohérence de tout ça … Tags: articles-par-max, brendan, citiznet, facebook, lincohrence, mister-be-lagom, nature, [...]
Excellente réflexion, je suis tout à fait d’accord que l’urgence nous impose d’utiliser certains trucs pour accélérer la prise de conscience et le changement.
J’ai un autre exemple : le budget mondiale de la publicité est énorme (plus que l’armement il me semble) et cela ne sert qu’a nous faire consommer toujours plus, pourtant il me semble intéressant de faire de la pub pour des solutions tel que le modèle de « décroissance économique ».
Ce blog est aussi un exemple de présence sur internet afin de diffuser des bonnes idées sur le « développement durable » et pourtant les ordinateurs sont fabriqués par des chinois sous-payés, avec des matières premières non renouvelables et les serveurs qui font tourner tout ça consomme beaucoup d’énergie.
C’est sur que c’est plus facile de consommer sans se poser de question et de se dire que « nos gestes quotidiens n’ont aucune utilité, c’est le système qui doit changer tout seul » (trop souvent entendu).
Le changement doit venir de nous même : « toute âme qui s’élève, élève le monde : soyez le changement que vous voulez voir dans ce monde »
Tout les gestes sont importants : « l’océan n’est constitué que de milliards de gouttes d’eau »
C’est juste une question d’équilibre : « les riches doivent vivre plus simplement, pour que les pauvres puissent simplement vivre »
A bon entendeur salut.
La plus grande incohérence est de se dire écolo et de consommer des produits animaux. Protéger la planète commence clairement par son assiette…
Une autre grande incohérence est de vouloir agir sans vouloir voir les causes premières. Changer ses ampoules, c’est sympa, mais il ne faut pas oublier que notre alimentation est source de pollution considérable. Pourtant qui serait prêt à devenir végétalien pour sauver la planète ?
Beveg, l’homme est omnivore depuis toujours. Je pense qu’on peut effectivement être écolo et manger de la viande de façon modérée.
Devenir végétalien est un choix respectable, mais on ne peut pas prôner cela comme solution aux problèmes environnementaux, au risque d’être pris pour un « écologiste intégriste » auprès des gens non impliqués dans les causes environnementales.
Il faut informer les gens sur la forte pollution et consommation de matières premières liées à la viande (16000 litres d’eau pour produire 1kg de viande de boeuf…), et prôner une diminution de la consommation de viande, sans la bannir pour autant, puisqu’elle fait partie de notre mode d’alimentation…
Tous les petits gestes que chacun d’entre nous peut faire, sont l’opportunité pour tous de mettre un pied dans la green attitude. C’est relativement facile à faire, sans pour autant tomber dans l’extrême, mais quelque chose bloque. Tout le monde semble conscient des problèmes environnementaux, et pourtant, combien sommes nous à passer de la réflexion à l’action, aussi minime soit-elle!?
Il me semble que nous sommes tout simplement formaté à la sauce capitaliste. Vous pourrez admettre toutes les vérités sur la détérioration de notre planète, nous sommes formatés pour préférer la dépendance à l’autonomie. Il est tellement plus facile d’écouter la voie divine que de tout remettre en question, au risque de devenir le pénible du quartier, le grain de sable dans une machine parfaitement huilée (enfin, jusqu’à ce début d’année plutôt chaotique), le rebelle vite propulsé au rang de « bobo » tendance!
Je vais éclaircir le fond de ma pensée. Toutes ses petites actions ne servent pas à grand chose si elles sont téléguidées par les pouvoirs politiques et médiatiques majeurs. Le développement durable n’est que l’expression directe d’une volonté de passer d’un modèle économique à bout de souffle à un modèle économique vert, qui contente ceux qui réclame la sauvegarde de la planète sans pour autant avoir à remettre en question leur train de vie.
Donc, il faut être conscient de ça, et se dire que d’une manière ou d’une autre, nous sommes sous hypnose. Le vrai défi consiste à revoir tout le modèle, à commencer par soi-même. L’information ne doit pas venir à nous… nous devons aller à sa rencontre, reprendre gout à la lecture, à la culture. Notre esprit critique doit se développer et notre libre arbitre revenir sur le devant de la scène. Tout devrait être conçut en collaboration et non pas dans un esprit concurrentiel. L’individualisme ambiant permet de mieux nous controler (diviser pour mieux régner). Les initiatives solidaires et collectives doivent être la nouvelle base de fonctionnement.
Vous parlez de moins manger de viande? Oui, biensur. Et pourquoi ne pas préparer ce morceaux de viande en plat asiatique pour plusieurs personnes. Vous vous rendrez compte qu’une pièce de boeuf découper en fine lamelle assouvira l’appetit de plusieurs convives avec une quantité équivalente à une seule portion en restaurant.
Bref, je retombe dans les détails. Ce que je veux dire, c’est que la sensibilisation pour ouvrir les esprits est une base élémentaire si l’on veut entrer dans une ère reellement écologique, donc respectueuse du vivant dans son ensemble. On pourra faire tous les petits gestes que l’on veut, si on ne les comprend pas reellement, on risque de succomber à la tentation de se contenter de peu, sans savoir pour autant si ce que nous faisons est reellement bon/bien. (ex: le roule au bio carburant donc je suis écolo….c’est faux! et combien sont tombé dans le panneau?!)
Nous pouvons vivre en meilleure santé sans consommer de la viande, alors pourquoi continuer à le faire sachant que cela est horriblement cruel et qu’en plus cela pollue énormément ?
Selon un rapport publié par la FAO, le secteur de l’élevage émet des gaz à effet de serre qui, mesurés en équivalent CO2 (18 pour cent), sont plus élevés que ceux produits par les transports. Il est aussi une source principale de dégradation des terres et des eaux. L’élevage est un des premiers responsables des problèmes d’environnement mondiaux aujourd’hui.
Je suis végétarien depuis 20 ans et végétalien depuis 5 ans et prof de musculation fitness et en super forme. Depuis de nombreuses années des gens vivent végétaliens et font des enfants végétaliens qui eux mêmes ont fait des enfants végétaliens. Si vous n’êtes pas végétaliens ne vous dites pas écologistes. Je pense à ceux qui se lancent vraiment dans la cause comme les membres de Greenpeace ou ceux qui forment des partis politiques comme les Verts, entre autres.
Le plus bel endroit de votre vie !…
Article intéressant….