Petit billet aujourd’hui pour vous recommander le dernier numéro de Courrier International, (n°975) dont le dossier est consacré à notre dépendance à l’automobile. Les articles sont tous plus passionnants les uns que les autres, mais parmi eux je citerai surtout celui de l’écirvain écossais Andrew O’Hagan qui explore la psyché des automobilistes (“Moi-dans-ma-voiture, quel bonheur!”) avec de nombreuses références à l’appui.

Celui de la journaliste Sybille Hamann du journal autrichien Flater (“S’en passer serait si facile”) porte une réflexion originale sur la notion de mobilité. Citons notamment ces quelques extraits:
“Il en va des voitures comme des cigarettes : plus on en consomme, plus on les croit indispensables. Il y a d’abord le café du matin, suivi du long regard dans le vide, puis la petite pause pendant que l’ordinateur démarre et le soupir de fatigue après un coup de fil pénible. Quand un fumeur essaie de se figurer tous ces instants sans cigarette, ils lui apparaissent comme une interminable succession de moments de frustration et de torture. Quel rapport entre le non-fumeur et le non-conducteur ? Tous deux se définissent par la négative, comme si ce qui leur manquait était essentiel. Rectifions cette erreur fondamentale une bonne fois pour toutes : merci, non, il ne leur manque absolument rien. Car, contrairement à une opinion répandue, la voiture n’est pas synonyme de liberté mais de contrainte. Et son absence, non un handicap mais une source de mobilité. Une mobilité différente.
Sans voiture, il faut porter davantage de choses. Et, quand il faut porter tout ce dont on a besoin, on finit généralement par gaspiller moins. A vivre sans voiture, on consomme donc différemment. Au lieu de passer son samedi après-midi à remplir le coffre de son véhicule pour satisfaire aux besoins de la famille, on butine continuellement dans les échoppes près de chez soi. C’est ainsi que l’on permet aux petits commerçants de vivre – ce qui fait précisément la spécificité de la vie citadine.
La voiture nous limite. Elle réduit notre mobilité, notre champ de vision, notre budget et notre espace public. Elle ne consomme pas seulement de l’essence mais du temps, que nous pourrions consacrer à nos proches ou à diverses activités. Elle encombre notre esprit avec des histoires de pneus neige, de contraventions, de siège bébé, de carrosserie éraflée, de tickets de parking, de péage, de coffre à ranger et de décomptes de kilomètres à défalquer des impôts. Quel plaisir de se débarrasser de tout cela ! C’est totalement sans douleur.”
Enfin, cet article de Venu Madhav Govindu, Deepak Malghan “Gandhisme contre fordisme” sur la façon dont la Nano de Tata Motors met en péril les valeurs indiennes…
La mort des marais mésopotamiens
Au passage, j’en profite pour citer également cet article sur la deuxième mort des marais mésopotamiens. L’exemple parfait des liens entre guerre et environnement dans un premier temps (voir notre article de mai 2008 à ce sujet) et des liens entre ressources naturelles et migrations climatiques, dans un second temps… Extraits:
“Les marais, qui faisaient jadis plus de 12 000 kilomètres carrés et abritaient 300 000 personnes, avaient failli disparaître dans les années 1990. Saddam Hussein les avait asséchés pour empêcher la guérilla antigouvernementale de s’en servir comme maquis. A la chute du dictateur, en 2003, les habitants des marais abattirent les digues de terre que les ingénieurs de Saddam Hussein avaient construites, et l’eau recommença à affluer dans les lacs et les roselières…”
Mais “la survie des marais et de leurs habitants est à nouveau menacée, c’est cette fois parce que la Turquie, la Syrie, l’Iran et, dans une moindre mesure, l’Irak détournent l’eau du Tigre et de l’Euphrate pour l’agriculture et les villes. De nouveaux barrages ont été construits en amont de ces fleuves qui sont depuis toujours vitaux pour l’approvisionnement hydraulique de la plaine de Mésopotamie”…
Ce sujet a notamment été étudié par nos amis d’Entre Deux Eaux lors de leur passage dans les vallées du Tigres et de l’Euphrates. Il soulève notamment la question des réfugiés climatiques. Sujet pour lequel nous avions interviewé François Gemenne, expert sur le sujet, en décembre dernier aux Ateliers de la Terre…
François Gemenne, Ateliers de la Terre, Quelle évolution des politiques migratoires face à la crise écologique? from Ecolo-Info on Vimeo.
++ Liens ++

Accros à l’auto et autres infos…













le 11 juillet 2009 à 10:51:
Cher Docteur,
Tout à fait d’accord avec l’Autrichienne !!!
Pour ma part, je n’ai jamais conduit (OK j’habite à Paris) et cela ne me gêne pas. On voyage différemment c’est évident! Quand à la grande messe hebdomadaire pour remplir le caddy, je mange bio et je “magasine” (comme disent nos amis québeccois” à proximité.
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“J’ai pas le permis”
Cela m’aidera à rassembler les témoignages nécessaire à mon étude en cours. Il suffit de chercher le groupe dans la case search
puis de raconter son expérience par rapport à l’automobile. Perte de point, contraintes, plaisir, addiction, permis jamais passé, permis passé et obtenu mais jamais utilisé, etc….
Je précise que ce groupe est ouvert à tous (tous les témoins m’intéressent, ceux là aussi qui ont une auto)
le 12 juillet 2009 à 11:13:
[...] intéressants sur le couchsurfing, sur la révolution twitter, … Découvrez le sommaire ici, la revue sur Ecolo-Info là et un extrait [...]
le 15 juillet 2010 à 10:31:
[...] Revoir aussi le numéro de Courrier International “Accros à l’auto” [...]