Ecolo-Info
 Écologie et hamburgers
De Elvire • 18 juin 2009 •
Catégorie: Informer/Partager

Aujourd’hui, je ne parlerai pas de mobilité. Je fais une entorse à ce sujet pour vous parler un peu de restauration rapide. Ecologie et hamburgers sont réputés incompatibles, mais ce n’est pas pour autant qu’il n’est pas intéressant de se pencher sur ce marché. Mc Donald’s a déployé des efforts conséquents pour promouvoir se responsabilité sociale et environnementale. L’enseigne, qui domine largement le marché français de la restauration rapide, ne manque pas de propos écologiques: elle agit sur l’ensemble de son activité, des fournisseurs aux déchets produits par les restaurants et communique largement sur le sujet. Les initiatives sont réparties entre problématiques:  gaz à effets de serre, énergie, emballages, eau, respect de la terre, transports, déchets, construction, intégration locale.

Sur le site, on apprend quantité de choses. Par exemple, Mc Donald’s s’engage à se fournir en produits issus d’une agriculture plus durable – les salades achetées par l’enseigne sont désormais arrosées au goutte-à-goutte ce qui permet 60% d’économies d’eau, et locale, puisque 75% des aliments achetés par Mc Donald’s proviennent de France. Ces produits sont transportés par le biais de 7 plates-formes logistiques bien réparties sur le territoire évitant ainsi aux camions de parcourir 9 millions de kilomètres par an. Ce transport de proximité est réalisé par des camions plus propres, roulant pour beaucoup au biodiesel. En effet, 7300 tonnes d’huile récoltées chaque année sont transformées en carburant qui alimente les camions sur 20 millions de kilomètres en moyenne.

Les initiatives de Mc Donald’s sont trop nombreuses pour en faire une liste exhaustive ici, elle cumule les économies d’eau, d’énergie, par exemple Mc Donald’s a mis au point un plan d’allumage qui permet de programmer la mise en route des appareils de cuisson en fonction des besoins nécessaires. Lorsque ce plan est appliqué, il permet des économies d’énergie de l’ordre de 6% par restaurant, équivalent à 10 000 kWH, soit la consommation annuelle d’électricité de 3 familles française. Elle a mis en place un plan de recyclage, de compostage et de valorisation des déchets, elle veille désormais à l’éco-conception de ses restaurants et à mieux les intégrer en travaillent notamment sur le plan architectural et paysager des restaurants, sur l’insonorisation des camions, en luttant contre les odeurs des cuisines, en développant des produits moins nocifs pour la faune et flore locale.


Dernière campagne Quick – actuellement en notation sur le site de l’Observatoire Indépendant de la Publicité

La stratégie de développement durable de Mc Donald’s est conséquente. L’enseigne Quick n’est pas en reste, elle communique un peu sur le sujet, mais sa stratégie de développement durable est moins avancée. L’enseigne a surtout progressé sur les emballages en diminuant notamment les quantités de déchets à traiter, ainsi que sur la gestion des ressources (eau, énergie). Certains trouveront ça suspicieux et douteront de la sincérité de la démarche, mais peut-être qu’il n’est plus temps de douter de cette sincérité du moment que les principes sont appliqués et que le progrès environnemental est constaté. Pour Mc Donald’s, on parle tout de même de 1085 restaurants en France servant 1,2 million de repas par jour…le potentiel d’amélioration est très important.

Sur le marché américain, une autre enseigne ne manquera pas de séduire ceux qui apprécient un bon hamburger de temps en temps. Burgerville propose des hamburgers à base d’ingrédients locaux, de saison et issus de l’agriculture biologique…et ce depuis les années 1960. Burgerville est une petite enseigne de fast food locale, basée en Oregon, voilà pourquoi nous n’en avons pas en France. Burgerville ne s’arrête pas à faire de bons produits, elle les vend de la meilleure façon possible. Les 39 points de vente de l’enseigne sont gérés dans une logique de responsabilité sociale et environnementale pointue. Burgerville a un programme de développement environnemental basé sur l’utilisation d’énergies renouvelables (en attendant de pouvoir s’approvisionner à 100% en énergies renouvelables, l’enseigne compense ses émissions) et sur le recyclage (les huiles usées sont recyclées en biodiesel, les déchets organiques sont compostés, le plastique est récupéré pour être recyclé également). Sur le plan social, Burgerville soigne ses employés, formations, coaching et assurance maladie sont au menu.

Le seul point négatif pour manger de tels burgers, c’est qu’il faut aller en Oregon…

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5 Réponses »

  1. Voilà un sujet polémique chère Elvire:-)

    A titre personnel je dois avouer qu’il m’arrive d’aller au Mac Do ou au Quick… une fois par an. C’est le “fast food de l’année”, une manière de “s’imprégner de réalité” et de “se rappeler”… pour revenir sur terre de la planète écolo qui croit parfois que les choses avancent vite…

    La dernière fois, j’ai pu contaster au Mac Do, dans les toilettes, sur le bouton de chasse d’eau la mention “en appuyant ici vous économisez 10 litres d’eau”… En revanche le nombre de déchets générés est impressionnant (ça me rend malade) et je trouve ça très cher (à deux cela nous a coûté 18 euros – genre pour un menu Big Mac + dessert puis un chees burger+salade+eau+dessert) et côté sensibilisation dans le restau, nada…

    Pour 18 euros, à Bordeaux on trouve des restau bio hyper bons avec au menu des produits locaux et plus équilibrés! Certes ce n’est pas du “fast food” et la question pour moi est bel et bien là… Pourquoi “zapper” aujourd’hui en termes d’alimentation? Pourquoi négliger? Pourquoi ne pas prendre le temps du temps, des saisons, des saveurs, l’éloge de la lenteur comme le font les partisans du “slow-food”…? C’est assurément une question de fond qui touche à ce qui fait mal aujourd’hui…

    Au final ceci dit, comme tout le monde ne pense pas encore comme nous (!), autant que les enseignes s’emparent du sujet, agissent, s’émulent entre elles, ce sera au moins ça de gagné…

  2. Très intéressant Elvire, merci.
    Il est certain que vu les volumes concernés, le moindre geste/changement a son importance.

    Pour ma part, j’ai très peu mangé Mc Do dans ma vie : j’ai commencé très tard et arrêté voilà bien une douzaine d’années.
    Je refuse catégoriquement désormais d’aller dans les fast-foods, quels qu’ils soient, et ma fille de 5 ans doit être la seule de sa classe (école ???) à n’avoir jamais mis les pieds dans un fast-food (en revanche elle nous a toujours accompagnés au restau et adore ).

  3. Très intéressant, bon perso, je n’y mets pas les pieds, ma fille non plus.
    Alors on peut toujours se poser des questions (et c’est d’ailleurs se qu’il faut faire…), mais c’est bien aussi de souligner les choses positives…
    Merci Elvire pour ces infos !

  4. salut,
    l’article est effectivement finement mené, mais c’est l’arbre qui cache la forêt….enfin, ce qu’il en reste!!!! On peut toujours présenter les choses de manière positive. C’est une méthode que nos chers politiques maitrisent à la perfection. Hélas, meme si cett enseigne tente tant bien que mal d’essayer de nous faire croire qu’elle adopte enfin une politique de gestion plus durable, il n’en reste pas moins qu’elle est et restera l’un des symboles fort de la surconsommation. Toute cette nouvelle dynamique de marketing, ne fait que mettre en avant ce qu’il aurait été normal de mettre en place il y a bien fort longtemps! Il n’y a rien d’exceptionnel à vouloir essayer de faire mieux. Mais qu’en est-il de la déforestation amazonienne pour la culture du soja à vocation alimentaire pour volaille et bovidés? Qu’en est-il des milliards de couverts en plastiques produits chaques jours, des lacs asséchés en Afrique pour produire de la salade à tour de bras? Quoiqu’ils fassent, leur modèle économique n’est pas durable du tout, mais alors pas du tout. Il ne font que compenser tant bien que mal à cette boulimie consumériste par des annonces de type “greenwashing”, en nous prenant encore pour des andouilles.

    MAIS CELA DIT….je vais tout de même me faire avocat du diable….McDo serait-il aussi puissant aujourd’hui, si le consommateur lui avait tourné le dos? La palme revient au consommateur qui continue de consommer ce genre d’alimentation malgré les milliers d’alertes qui fusent chaque jour pour nous prévenir que la Terre est en train de se préparer à éjecter rapidement l’espèce humaine de sa surface!

    Ces entreprises existeront tant qu’il y aura une demande. Cessons d’y aller et la roue tournera.

  5. Mac Do, c’est toujours du caca…du caca un peu plus vert maintenant !

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