En octobre dernier, Agnès vous présentait le projet d’Isabelle Mutsaars, “Altern Eco, l’alternative écologique à l’habitat”. Et bien Isabelle est allée à Londres fin avril afin de découvrir le mythique et si souvent cité éco-quartier de BedZED (Beddington Zero Energy Development). Elle nous a gentiment proposé de faire un petit reportage pour Ecolo-Info!
Au sud de Londres (40 minutes en train direct), à Hackbridge, Sutton se trouve le quartier Beddington Zero Energy (fossil) Development, plus connu sous le nom de BedZed. En sortant du train, il suffit d’une petite marche de 700 m et vous y êtes.
Comment vous dire l’impression que l’on a en arrivant…. Depuis le temps que j’entendais parler de ce quartier, enfin j’y étais !

Photo by Tom Chance credit to BioRegional
Ce quartier a été conçu par les architectes The Zed factory ltd, avec Bill Dunster, qui a ses bureaux dans cet ensemble, avec BioRegional. Inauguré en 2002. L’idée de départ est de vivre de manière soutenable sans sacrifier notre mode de vie moderne et urbain. Construire des bâtiments au bilan carbone neutre et les standardiser. Réduire notre dépendance aux énergies fossiles et nos émissions de CO2. Il y a eu une réflexion, depuis le début, pour utiliser en priorité des matériaux locaux, ou issus du recyclage, pour la construction; une grande vigilance pour éviter les ponts thermiques; une isolation thermique importante du sol, des murs et toits; une isolation phonique entre les logements…

Credit : Marcus Lyon
L’éco-Conception du quartier
BedZED, c’est une centaine de logements et des bureaux pour une surface habitable de 2500 m². L’espace a été densifié: il y a moins de place de parking par logement, les véhicules sont stationnés un peu à l’écart des bâtiments (il y a des bornes électriques pour recharger sa voiture) et l’espace “intérieur” du quartier est réservé aux piétons, vélos, pour une plus grande sécurité, moins de bruit.
Le quartier a été pensé pour faciliter les relations entre voisins. Cela fait partie des points les plus appréciés par les habitants. La luminosité grâce à l’exposition, la conception et la serre sont également très appréciés et ils disent que cela leur procure de plus, une impression d’espace. En moyenne un habitant de ce quartier consomme 25 % de moins d’électricité qu’un habitant de cette région.
Il y a un terrain de sport, un “club house” où des manifestations sont organisées, des espaces verts, de nombreux emplacements pour garer les vélos ainsi que des ateliers de réparations. Il s’y pratique l’auto-partage également.

Photo: Tom Chance, credit to BioRegional
777 m² de panneaux photovoltaïques sont installés sur les immeubles afin de produire de l’électricité. sur les immeubles. Les “chapeaux”, appelées wind cowls, que vous voyez au dessus, sont les bouches de ventilations, ce système de ventilation est mécanique et permet de récupérer jusqu’à 70 % de la chaleur de l’air extrait.

Photo by Tom Chance, credit to BioRegional
Une partie des toitures est végétalisée (avec du sédum), ce qui permet une meilleure isolation thermique et phonique. Sur toutes les toitures non végétalisées l’eau de pluie est récupérée pour être réutilisée.

Photo by George Garnier
Vue du salon au premier étage, qui donne sur la serre.

Photo: George Garnier
Lorsque les portes du salon sont ouvertes vous récupérez la chaleur en hiver, bien agréable ! Vous appercevez sur la gauche la passerelle qui mène à votre jardinet privatif sur l’autre bâtiment.

Photo: Tom Chance, credit to BioRegional
La densité d’occupation a permis d’avoir des jardinets alors que dans les constructions classiques il n’y aurait eu que des balcons.

Photo: Tom Chance, credit BioRegional
Avec cette photo vous pouvez voir que l’on ventile la serre en ouvrant une partie des fenêtres. Vous remarquerez également la forme des toitures qui permettent une grande exposition au sud et avec cette forme l’on récupère la lumière au nord.
Priorité donnée à la qualité de vie
Ce n’est pas seulement un quartier original visuellement, la qualité de vie de ses habitants est très importante. Depuis le début est menée une réflexion afin d’utiliser en priorité des matériaux locaux pour la construction; une grande vigilance pour éviter les ponts thermiques; une isolation thermique importante du sol, des murs et toits; une isolation phonique entre les logements… A chaque arrivant est donné un guide afin d’expliquer comment vivre dans ces logements, encourager les pratiques économes. Depuis que le quartier est habité, les habitants vont vers plus d’économies en général, aidés de quelques aménagements et l’usage de pégagogie.
Par exemple, de nombreuses actions sont menées telles que :
- la réduction des déchets (tri, compost, valorisation),
- les économies d’eau (comportements, appareils hydro économes, récupération d’eau de pluie),
- les économies d’énergie (isolation renforcée, récupération de chaleur de l’air vissié extrait, double et triple vitrage, serre)
- la livraison de produits frais et bio sur place
- l’autopartage, les bornes électriques pour recharger les véhicules, l’incitation aux transports en communs ou l’utilisation de vélos
- des études sont menées pour évaluer les consommations et les faire baisser, pour évaluer l’évolution des comportements et le ressenti des personnes afin d’améliorer les nouveaux projets.
Les habitants citent en priorité certains avantages à vivre à BedZED :
- la qualité des relations entre habitants par rapport à leurs expériences précédentes
- l’esthétique du quartier
- son aspect écologique
- la qualité de vie, la tranquilité
Les différents logements sont à la revente en moyenne 15 % plus chers que ceux construits à la même époque, mais ils sont beaucoup plus économiques en charges fixes! Sur la base du prix de l’énergie et de l’eau actuellement….. et demain…… combien faudra t’il compter comme budget !?!
Isabelle Mutsaar, Altern-Eco
++ Liens ++
- BedZED, le premier éco-village est né, Novethic, 14 Janvier 2004
- Article sur Angenius, Août 2006
- BedZED, un classique à Londres, Les Inventeurs, 27 février 2008
- Le site de BioRegional
- BedZed sur Flickr
- Le site de l’architecte de BedZED Bill Dunster, ZedFactory
- Eco-Villes et Eco-Quartiers, GoodPlanet.info
- Les articles de Grégoire sur les éco-villages
- DVD sur Les Réalisations du Développement Durable

A la découverte de l’éco-quartier de BedZED!













le 26 mai 2009 à 18:25:
ça me laisse toute rêveuse… :D merci pour ce voyage en terre écolo ;)
le 26 mai 2009 à 20:17:
“Il y a un terrain de sport, un “club house” où des manifestations sont organisées, des espaces verts, de nombreux emplacements pour garer les vélos ainsi que des ateliers de réparations.”
Ca existe aussi en version “pour les moins aisés” des quartiers ecolo ?
le 27 mai 2009 à 0:04:
Il y aurait beaucoup beaucoup de choses à dire sur Bedzed, – je ne parle pas de critiques – tant il est vrai que c’est une expérience extraordinaire et que pour qui a eu l’occasion d’ouvrir le rideau des coulisses, c’est plein de fabuleux enseignements sur les “éco-quartiers”.
Mais effectivement, Mickael b soulève un point essentiel : quand la crise frappe, les plus aisés construisent propre et économique quand les plus pauvres se contentent d’avoir froid dans leurs épaves thermiques.
L’”éco-construction” ouvre de grands défis, je pense en particulier à celui de réussir une architecture “réussie” mais pragmatique, ou bien à éviter l’écueil des ghettos écolos et la mise à l’écart d’une partie de la société.
le 27 mai 2009 à 10:38:
Bonjour,
L’exemple de ce quartier existe depuis 2002 au sud de Londres, mais il y a aussi plusieurs exemples en Allemagne, Belgique et d’autres pays encore.
En France, les choses sont en train de bouger également. A Bordeaux (je vis en Gironde) il y a par exemple un éco quartier en projet, il s’agit d’H'Nord, il s’agira d’une coopérative d’habitants (donc on ne sera pas propriétaire de son logement mais de parts de la coopérative). La mixité sociale est un aspect important du projet. Vous trouverez un article sur notre site http://www.altern-eco.com. H’Nord a organisé d’ailleurs en mars un rendez vous pour tous les projets d’éco quartiers et d’éco hameau de l’Aquitaine.
Il y a également Habicoop (dans le Rhône) qui essaye d’essaimer des projets. En Bretagne cela bouge aussi…
Il y a de nombreux avantages dans ces initiatives, par exemple :
- des matériaux sains dans une réflexion de proximité ;
- partage de certains espaces (local vélos, buanderie, même matériel de bricolage…) qui permettent d’économiser de l’espace dans les habitations ;
- économies d’énergie importantes à l’usage, on limite trop souvent le coût d’une habitation à son coût de construction, sans prendre en compte les charges fixes !
Bonnes recherches ! Et bonne journée.
Isabelle
le 27 mai 2009 à 11:16:
je partage la préoccupation de Mickael. Il est insupportable de laisser le développement économique obérer l’épanouissement de l’homme alors que le développement durable permet de répondre aux besoins présents.
Le surcoût de 15 voire 20% pratiqué au nom du développment durable, de la performance écologique, environnementale, énergétique, etc. n’est pas une fatalité! il est une pratique opportuniste de marché. La marginalité autorise la pratique de marges confortables et surtout l’absence de volonté ou de motivation pour rechercher des solutions à la fois performantes et économiques!
C’est pour le démontrer que notre société a engagé des recherches aujourd’hui fructueuses dans le domaine des bâtiments tertiaires et d’activités. Nous construisons “écoparc”, au prix du marché, et donc sans la “surtaxe de 15 à 20%” : des bâtiments engagés résolument dans le développement durable, avec un bilan carbone allégé, une consommation d’énergie diminuée de 30%, un confort reconnu, des aménagements extérieurs adaptés, privilégiant le bien être, le bon sens, les économies d’exploitation.
Structure bois, éclairage naturel maximal assurés par une surface de vitrage représentant 43 % des façades, toiture monopente orientée sud pour recueillir des membranes photovoltaïques, un système de ventilation double flux, des pompes à chaleur réversibles assurant chauffage et rafraîchissement, lames brises sol;eil pour le confort, récuparation des eaux de pluie pour les wc et l’arrosage des espaces verts, chauffe-eau solaire, parcours de santé paysager, bornes électriques pour les véhivules équipés, candélabres photovoltaïques, etc.
Notre secret : le bon sens, la détermination, le refus de la facilité, le rejet du principe de surcoûts!
Ce qui a été possible pour des bureaux, doit pouvoir l’être pour des logements.
le 19 décembre 2009 à 15:09:
Bonjour,
Si vous souhaitez aller plus loin dans la découverte des quartiers durables, je vous invite à parcourir ce blog consacré aux quartiers durables: http://quartierdurable.blogspot.com/ .
Bonne lecture!