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Matière grise pour évolution verte

Société » Agriculture

Aidons les agriculteurs bio !


Le 22 avril 2009 | Par

Camille

Ses articles

J’essaie de vivre ma vie selon un précepte simple : la sobriété heureuse. Je suis une altermondialiste optimiste et crois dur comme fer que le changement du monde commence par soi-même.

J’ai regardé Dimanche le reportage de France 5 « Si beau le bio ? » et suis restée un peu perplexe devant cette enquête… A la fois, on présente l’agriculture bio comme saine, très réglementée (on voit à l’œuvre une contrôleuse très pointilleuse de l’organisme Ecocert!) mais en même temps la journaliste répète qu’on trouve des arnaques, que le logo AB n’est pas si fiable… Encore une fois, on laisse le consommateur avec ses questions et il faut être assez sûr de ses choix pour les assumer !

Mais ce qui m’a le plus marqué dans ce film ce sont les témoignages de deux agriculteurs. Le premier produit bio depuis quelques années avec enthousiasme et conviction, le deuxième a abandonné les difficultés de la bio pour retourner à l’agriculture conventionnelle.

J’ai oublié leurs noms… Mais ce que je garde en mémoire c’est la sincérité de ces deux agriculteurs. Le premier, convaincu, rejetant en bloc tous les engrais ou désherbants chimiques « avec des noms que je ne comprends pas« . Face à des jeunes en formation, on voit qu’il n’est pas simple de les convaincre. Car oui, être agriculteur bio, ce n’est pas choisir la facilité. Plus de travail, plus de main-d’œuvre à employer, plus de frais pour payer la certification, la possibilité de voir sa récolte détruite par une maladie ou parce qu’elle a été contaminée par des produits phytosanitaires d’un champ voisin… Il faut être sacrément convaincu pour produire tout bio !

C’est pourquoi le deuxième a abandonné. Et je ne lui jette pas la pierre! Trop de travail pour un salaire bien insuffisant, finalement, à quoi bon. Pour lui, c’est l’ensemble de la société qui est coupable du monde dans lequel nous vivons. Lui a jeté l’éponge… Et ils sont chaque année 800 agriculteurs bio à lâcher prise pour 1.500 qui s’installent.

Pourtant la bio me paraît la seule solution pour garder un sol fertile, pour manger des aliments sains et bons pour la santé, pour ne plus polluer les rivières…

Alors comment aider les agriculteurs bio ?

Bien sûr, il doit y avoir une volonté politique forte. Les subventions doivent être repensées pour encourager les petits producteurs. Je n’y connais pas grand chose à la PAC et aux aides européennes, mais je crois savoir que la bio n’est pas suffisamment aidée par rapport aux mastodontes de l’agriculture conventionnelle.

C’est aussi à nous, consommateurs, de nous engager pour soutenir les paysans.

  • En s’engageant dans une AMAP (Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) dont le succès ne cesse de croître)
  • En en créant de nouvelles pour satisfaire les demandes (lire à ce sujet l’article d’Agnès qui a réalisé ce beau projet à Libourne)
  • En privilégiant les légumes en direct du producteur en faisant ses courses au magasin bio ou au marché (c’est normalement précisé sur l’étiquette)
  • En faisant de la « propagande » auprès de ses collègues, ses proches, ses voisins. On voit encore trop de gens remplir des caddies dans des hypermarchés sans prendre en compte d’où viennent les fruits et légumes qu’ils achètent et comment ils ont poussé…
  • En faisant pression sur la cantine de l’école pour monter des partenariats avec les agriculteurs de sa région. Le résultat était très encourageant dans le film « Nos enfants nous accuseront » qui connaît encore aujourd’hui un beau succès en salle !

Et pourquoi pas en épargnant ?

En ces temps de crise, investir dans le sol, dans un projet durable et porteur de sens, cela devrait nous apparaître à tous comme une évidence ! C’est le projet que portent la Nef et Terre de Liens avec la Foncière Terre de Liens.

Objectifs :

  • Sortir les terres agricoles de la spéculation foncière
  • Aider les agriculteurs à s’installer en leur enlevant le poids de l’acquisition du foncier
  • Encourager le développement de la bio en France (et limiter de fait les importations)

Concrètement, vous achetez une action 100€ : 75€ sont destinés à l’achat de fermes, 25€ sont mis en réserve pour permettre la rotation des actionnaires. Si des avantages fiscaux sont possibles, il ne faut pas compter sur ce système pour s’enrichir en quelques mois ! Pour en savoir plus, je vous invite à consulter le site de Terre de liens.

Une fois de plus, c’est par le mouvement citoyen qu’on fera bouger les choses. Soutenons les agriculteurs bio, d’une façon ou d’une autre, chacun de nous peut le faire.

++ Liens ++


11 commentaires à “Aidons les agriculteurs bio !”

  1. Albert dit :

    Et oui…. il est clair qu’au quotidien, nous avons nettement plus de poids avec notre portefeuille, nos choix de consommation que notre carte d’électeur.
    Modifier la société dans laquelle nous vivons concerne chacune et chacun de nous.
    Tiens, à Ancenis aussi, une AMAP vient de se créer :
    http://amap-ancenis.e-monsite.com/

  2. bel article. J’ai cru reconnaitre un camion biocoop dans le reportage.

  3. Camille dit :

    > Albert : Génial ! Tu vas y adhérer ?

    > cosmétique bio : effectivement, il y avait un camion Biocoop qui venait chercher les légumes directement chez l’agriculteur.

  4. barnabe dit :

    J’ai été voir samedi passé « nos enfants nous accuseront », et dimanche j’ai également vu « si beau le bio ».
    Je ne mange pas bio, mais ce n’est pas faut d’en avoir envie.
    J’ai 18 et vis toujours chez mes parents et pour eux, c’est non au bio.
    Enfin, pour l’instant. Le prix, la difficulté de l’approvisionnement, le temps nécessaire pour une amap, …
    Toutes les excuses sont bonnes. Mais je ne désespère pas de les convaincre. Je fais du marketing à l’usure. A chaque fois que ma mère rentre des courses, j’examine tout ce qu’elle a acheté, ça fait son chemin, petit à petit.
    Ce qui m’a le plus marqué dans les 2 reportages, ce sont les agriculteurs. Car ce sont eux qui supportent tout, la dangerosité des pesticides pour les conventionnels et la charge de travail pour les bios.
    Je ne pense pas que la solution passe par les subventions. Les agriculteurs veulent être payés pour leur travail et pas artificiellement. Je crois qu’un prix minimum ou un commerce équitable des produits alimentaires devient nécessaire. Pourquoi acheter son riz, son chocolat, son sucre équitable quand on ne paie pas suffisamment son lait, ses oeufs, …
    Vaste question. Sinon, le métier d’agriculteur risque de disparaître, et avec lui, l’humanité toute entière

  5. jeannot dit :

    Je pense qu’on peut déjà consommer des produits cultivé à côté de chez soi, des produits de saison et boycotter ce qui vient de très loin donc forcément par avion.
    Mais aussi boycotter les fraises du sud de l’Espagne, produites par une agriculture extensive et industrielle qui exploite les ouvriers agricoles comme des esclaves. Voir le film « We feed the world »

  6. catherine dit :

    Oui on en a encore eu un exemple hier soir sur M6 (capital)
    L’émission est visible en streaming sur le site de la chaine.
    Ceci dit, il faut « se méfier » des produits bio importés et continuer si faire se peut à consommer LOCAL…

  7. PoLO dit :

    que d’images d’epinal, avec la france parfaite et les autres pays forcement moins bien, l’espagne esclavagiste et j’en passe. le local a outrance, cf. emission capital. c’est le bilan carbone à la louche local c’est mieux…et bien pas tjrs je prefere consommer bio d’egypte que conventionnel de france.
    et oui, il faut voir a moyen long terme, un acte de consommation c’est demain j’achete bio, convertir une exploitation au bio c’est un engagement fort du producteurs, c’est 3 ans, et ca ne se fait pas du jour au lendemain donc l’importation permet d’assurer la transition mais l’important c’est l’objectif…

    qd aux anarques, et oui la tv vend du sensationnel. des bio qui ne respecterait pas la reglementation, des fraudes… non c’est pas possible. et bien oui l’homme reste l’homme avec ces bons et ces mauvais coté, le bio n’y echappe pas mais les controles existe le risque 0 n’existe pas ou peut aussi renforcer les controles mais c’est le prix du produits qui va assurer ce surcouts…alors il faut avoir un juste milieu, et l’agriculture bio reste un modele aboutie de santé et de préservation de l’environnement une agriculture a taille humaine qui retrouve le lien au sol….. alors pourquoi tt jeter parceque il y a pas d’assurance à 100% mais juste la grantie offerte par un cahier des charges et des programmes de controles…. alllons regarder les autres types d’agricultures regarder ce qu’il mettent sur leur produits et quelles garantie il y a….

    comparer l’agriculture bio non pas à une agriculture plus blanc que blanc mais avec le modele d’agriculture dominant dans notre pays vous verez l’avancée enorme qu’offre son développement..

  8. ponti dit :

    bonjour
    je suis la vice présidente de l’association éco village médiéval recement ouver sur manosque depuis le mois d’avril 20009
    et nous recherchon un prés de terrain pour pouvoir organiser des jeux grandeur nature ou un marché médiéval ou autre (etc…)
    merci

  9. [...] y a quelques mois, Camille nous parlait des difficultés rencontrées par les agriculteurs bio. Au même moment, une AMAP se créait dans notre commune : ni une, ni deux, nous avons [...]

  10. [...] notre respect et notre solidarité. J’ai déjà écrit plusieurs articles à ce sujet (“Aidons les agriculteurs bio” et la critique du film “Nos enfants nous accuseront) mais une fois de plus le besoin [...]

  11. [...] : Association pour le maintien d’une agriculture paysanne, nous en parlions ici et là. Partager [...]

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