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Cleantech Republic scrute les éco-innovations!


Le 27 mars 2009 | Par

Anne-Sophie

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Touchée par le virus de l'info & des médias, éco-convaincue de longue date, j'aspire à mobiliser les consciences à grande échelle...

Il y a de nouveaux médias qui font vraiment plaisir… La semaine dernière, je vous parlais de Youphil. Cette semaine, je vous présente CleanTech Republic.

Si vous ne le savez pas encore, les “cleantech” sont le dernier sujet à la mode dans les entreprises. Certaines voient même dans les technologies propres une solution à la crise. Elles n’ont pas tort, même s’il est indispensable, il s’entend, de faire des efforts à tous niveaux: la solution à la crise écologique ne réside pas seulement dans les technologies…

Afin d’y voir plus clair sur ces nouvelles technologies vertes, et sur la volonté de ce nouveau média qu’est CleanTech Republic, je suis allée poser quelques questions à Stéphane Parpinelli. Je connaissais déjà Stéphane via son blog, EcoTech21, qu’il a arrêté à raison pour se lancer dans ce nouveau projet. Et ce beau projet. Et croyez moi, son approche est vraiment intéressante!

CleanTech, GreenTech, EcoTech…?

Première question que je souhaitais poser à Stéphane: existe-t-il une différence entre Green Tech, Clean Tech, etc…? Car on entend différents termes et il n’est pas toujours évident de s’y retrouver pour un novice

En fait“, m’explique-t-il, “les débats à ce sujet ont commencé en 2007, mais tout peut être mis dans le même lot: en Europe nous parlons d’éco-technologies, en France d’éco-innovations, alors que le terme “Clean tech” vient des investisseurs américains“. Dans la Green Valley, l’image des Clean Tech est fortement associée aux questions énergétiques. “Cela est quelque peu réducteur pourtant: le champ des éco-innovations est large et regroupe un ensemble de biens et de services allant de l’énergie certes (solaire, éolien offshore, etc.) aux mesures de consommation électrique des bâtiments, des nouveaux matériaux dans le BTP, les transports, les bio-cosmétiques ou encore les éco-emballages!” En somme, l’éco-innovation  peut toucher tous les aspects de la production: elle permet généralement d’améliorer les coûts et l’éco-conception des produits amène les entreprises à se placer dans une boucle fermée, et non plus ouverte.

En effet, l’éco-innovation est un véritable moteur de compétitivité pour les entreprises: certaines de ces innovations sont intégrées à une chaîne de production qui existe déjà, et il y a alors une certaine continuité avec l’activité précédente. D’autres innovations sont plus radicales, et nous nous trouvons alors dans le cas d’innovations de rupture.

En France, la dynamique d’éco-innovation a été lancée il y a peu avec le plan EcoTech 2012: le Comité Stratégique des Eco-Industries (COSEI) scrute en effet depuis juillet 2007 les éco-industries et leur potentiel de développement en France. Dans le cadre de ce comité, 3 groupes de travail public-privé ont été mis en place avec pour mission de réfléchir sur l’innovation et la diffusion des écotechnologies, l’émergence et le développement des petites et moyennes éco-industries, et l’évolution de la réglementation et de la normalisation pour renforcer les performances des éco-industries.

Des fonds d’investissement ont été mis en place pour aider la filière: “environ 60 millions d’euros me précise Stéphane, “ce qui est peu en comparaison aux sommes que l’on a vu circuler lors de la bulle internet: les sommes étaient bien plus importantes pour des services de nature très différentes, plus virtuelles…” Car en matière d’éco-innovation, les investissements nécessaires sont souvent lourds au départ!

Un média sur les éco-technologies

Jusqu’en février 2008, Stéphane était rédacteur en chef de 01informatique.fr. Il a pu alors constater l’explosion des cleantech aux Etats-Unis, et s’est peu à peu passionné pour ce sujet: “après le développement durable, que trouve-t-on vraiment??” se demande-t-il alors… créant donc le blog EcoTech21, sur lequel il partage ses trouvailles et réflexions sur le sujet.

Puis, chemin faisant, constatant le peu d’informations disponibles sur le sujet, il décide de créer un site communautaire dédiés aux éco-innovations. Sa volonté est de créer un véritable trombinoscope des acteurs, qu’il y ait de vraies contributions aux échanges, et surtout, SURTOUT, Stéphane a à coeur de relayer les innovations des petites et moyennes entreprises qui agissent sur le terrain. “Les grands groupes communiquent beaucoup sur ces sujets, mais de nombreuses entreprises ont de bonnes idées, et l’idée est de mettre en avant tant que possible des PME!

En ce sens, CleanTech Republic proposera bientôt un annuaire des éco-innovations, pour donner plus de visibilité aux initiatives: “nous sommes presque d’utilité publique pour promouvoir ainsi les PME françaises!” me précise Stéphane en rigolant! Lorsque l’on sait que le marché du développement durable et de l’éco-innovation concerne déjà près de 400.000 professionnels en France (Source IFEN), ce n’est pas rien!

Ceci étant, une version anglaise du site sera bientôt disponible également, “afin de fédérer les réseaux à l’étranger“… L’expert en charbon propre n’est peut être pas en France en effet!

Côté équipe, CleanTech est animé par 3 personnes à plein temps, plus deux à mi-temps. Le modèle économique est plutôt traditionnel pour un média en ligne mais Stéphane a aussi quelques idées qu’il compte développer peu à peu également… En tant que blogueur, il a aussi vu la richesse de certaines informations relayées via les blogueurs, et il n’hésite pas non plus à leur donner la parole via la rubrique l’éco des blogs.

Enfin, parce que les média d’aujourd’hui ont le devoir d’être moteur, CleanTech lance aussi un prix: le prix  2009 de la jeune entreprise éco-innovante, en partenariat avec Oséo, Le Figaro et Terra Eco. Avis aux intéressés donc! Les dossiers doivent être remis avant le 7 mai 2008, et la remise des prix aura lieu le 17 juin à Paris, lors du SEMD (Salon de l’Environnement et des Métiers Durables).

Bref, ce “premier media communautaire BtoB dédié aux éco-innovations” promet beaucoup:-) En somme, comme l’explique si bien Stéphane, “ce site est destiné aux professionnels mais nous veillons à rendre les sujets accessibles au plus grand nombre et avons déjà des réactions de particuliers avertis. Il faut dire qu’on y découvre souvent des innovations de PME françaises qui font rêver. Et j’ai le sentiment que le rêve d’une nouvelle économie plus responsable nous concerne tous”. Nous sommes bien d’accord…

++ Liens ++

CleanTechRepublic

Autres médias et Blogs sur le Sujet:

A noter:


6 commentaires à “Cleantech Republic scrute les éco-innovations!”

  1. Baptiste says:

    Salut,
    Bon c’est bien précisé dans le chapeau du billet: “la solution à la crise écologique ne réside pas seulement dans les technologies…”

    Merci d’avoir pris le temps d’interviewer l’organisateur, ne serait-ce que pour la réponse cliare: green tech=clean tech.

    Ca me rappelle, dans ma jeunesse de physicien, que les labos de micro-electronique se rebaptisaient “nano technologiques” non pas parce l’activité avait évolué… mais pour avoir des crédits et des subventions.

    Hier soir j’ai assisté à une conférence de Testart qui disait exactement la même chose à propos du terme “génétique”.

    Donc, pour moi, eco-tech c’est dans la même veine. Si on fouille toujours, on s’aperçoit qu’il n’y a pas grand chose d’eco dans les innovations présentées sur ce type de salon.

    Allez, pour illustrer cela je prends deux exemples disponibles sur le site cleantechrepublic.

    1. Nanotechnologies et clean tech (justement)
    http://www.cleantechrepublic.com/2009/02/19/%C2%AB-nanotechnologies-et-cleantechs-quand-deux-revolutions-se-rencontrent-%C2%BB/

    “L’insecticide Karate (Syngenta) permet le contrôle des cultures de coton, de riz et de soja. A l’aide de capsules proches des dimensions nano, le principe actif est réparti uniformément sur la surface de la feuille permettant une protection rapide, ciblée et efficace. Les quantités de pesticides peuvent donc être diminuées tout en ayant le même rendement de productivité.”
    Faut-il vraiment un commentaire d’une telle ineptie. Grâce aux nanos, non seulement on augmente le risque de toxicité, par la prolifération des nanoparticules… toujours sous vide juridique d’ailleurs, mais en plus on améliore la diffusion des pesticides.

    2 La voiture électrique de Bolloré
    Bon déjà Bolloré ami de la Françafrique… Là le groupe va devoir piller le lithium bolivien

    Etc etc Tout le site est comme cela.
    Il serait si bon que tous ces utopistes technologiques s’ouvrent un peu sur d’autres domaines. Qu’ils aillent voir Testart tiens justement !

    Bap(obscuran)tiste ;-)

  2. bien d’accord…

    Fred

  3. Article très intéressant.
    On pourrait rajouter qu’au niveau Européen, il y a aussi un plan d’action orientés écotechnologies :
    http://ec.europa.eu/environment/etap/etap/about_en.html

    Bien entendu, toutes les écotechnologies sont à promouvoir, qu’elles soient hi-techs ou pas, et aucune n’est parfaite, il s’agit toujours de trouver la ou les plus adaptées en fonction du contexte. Pour leur intégration cependant, il faut le plus souvent avoir un solide background technique.

    Concernant les remarques de Baptiste, les nanotechnologies ne me paraissent pas si problématiques, au contraire, leur potentiel d’application (et donc lié à une demande réelle) est très important et pour prendre une autre réf : Actuellement les poussières des moteurs Diesel sont bien plus polluantes. Rappel pour nos poumons : Les FAPs ne filtrent pas les nanoparticules..

    Concernant les fameuses batteries LIPO que l’on trouve aussi dans le e-solex et d’autres véhicules électriques (modélisme, caméscopes, etc..) c’est vrai qu’elles nécessitent du Lithium mais cette techno est transitoire, et je ne doute pas du développement de nouvelles générations de batteries, entièrement vertes, comme par ex ce nouveau modèle 100% chlorophylle déja breveté :
    http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/056/56768.htm

    Ce qui est important est effectivement de garder les pieds sur terre, et contrairement à Jacques Testart, je ne soutiens pas José Bové, mais plutôt une position que je souhaite plus équilibrée de promotion des bonnes pratiques. OGMs par ex oui, mais seulement en milieu confiné comme c’est le cas actuellement pour des raisons thérapeutiques.
    Cela dit, le sens de l’histoire privilégiera sûrement les sciences de la vie..

    Concernant le libéralisme, s’il est associé à une consommation responsable et à une bonne éthique, je ne pense pas qu’il soit le diable que vous estimez être..

    Ecolo Info fait d’ailleurs très bien cette ‘mission’ de promotion de la consommation responsable. Donc pour moi tout ne vas pas si mal, au contraire, je dirais que nous entrons dans une période vertueuse. A nous de trouver les équilibres qui permettront de satisfaire la majorité!

    De manière plus générale, il est important qu’afin de réduire les déviances possibles de nos acquis scientifiques ; co-développement, éducation, diplomatie (N)G, transparence soient bien adoptés (sans oublier pourquoi pas une écoute psy non violente préventive pour ceux qui ont qui auraient des tendances violentes (et pas de prob pour se nourrir..))

    Pour finir, le progrès doit simplement concilier le respect de la Nature & de l’Homme.
    (alors simplicité volontaire, slow food, BIB, PID ? Les fondamentaux resteront utiles pour ramener le ‘progrès’ à la raison.. :)

  4. Baptiste says:

    Cher Guillaume,

    “Progrès, raison, éducation, diplomatie, transparence, respect etc…”
    Certes certes ! De bien jolis mots. Mais concrètement…

    Je n’ai pas parlé de libéralisme. Où ai-je dit que c’était le diable ? Je veux bien qu’on me contredise mais qu’on invente pas mon discours car sinon c’est un peu facile.

    Je parle de technophile, je parle de Testart et donc indirectement de Ellul. Manifestement, tu ne connais pas le propos de Testart qui ne se résume pas à soutenir Bové ;-)

    On en a déjà parlé en vrai quand on s’est rencontré. Je t’apprécie mais nous ne sommes manifestement pas d’accord. Ta vision est pour moi aveuglément technophile voire jargonneuse (moi je comprends car je suis physicien de (dé)formation. Mais les autres ?). Ainsi le lithium “transitoire” me paraît un peu contraire au principe du “durable”. Mais bon, l’essentiel c’est de se trouver un nouveau crédo.

    La religion du progrès scientifique salvateur de l’humanité, je n’y crois pas.

  5. brane says:

    Une idée généreuse et capitaliste (d’après le G 20 …)

    le traitement des toitures de copropriétés en panneaux photovoltaiques pour revendre à edf

    Voir notre site sur les économies d’energie dans les immeubles batis:

    http://www.ecocopro.com

  6. Guillaume Besset says:

    Précision : Je soutiens José Bové contre les OGMs céraliers primitifs et toxiques actuels ainsi que contre la dépendance que cela crée pour les paysans, par contre, je reste en désaccord sur son anti-libéralisme.
    Pour moi, le libéralisme bien utilisé (avec transparence & suivi) peut tout à fait aider à développer de meilleures pratiques environnementales auprès des bonnes entreprises, car n’oublions pas que la France est l’un des pays taxant le plus l’activité des PMEs !
    Par contre, je reste anti ‘capitalisme pur’ qui lui, ne s’attarde pas de considérations éthiques..

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