C’est la crise: passez au SEL!
Le 2 mars 2009 | Par Anne-Sophie
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Touchée par le virus de l'info & des médias, éco-convaincue de longue date, j'aspire à mobiliser les consciences à grande échelle...
Dans la démarche qui nous anime et avec le contexte de crise actuel, vous l’aurez peut être remarqué, les ACT’Sense se concentrent sur les solutions d’aujourd’hui pour le monde… de demain! Après les comptes nationaux du bien-être et l’investissement dans la solidarité, parlons aujourd’hui des SEL (Système d’Echanges Locaux). Apparus en France en 1994, ils se posent comme une des alternatives aux marchés financiers dont on connait les limites et les grands maux qu’ils entraînent.. Nous avons demandé à Raymond, qui s’occupe du SEL de Mars (à Marseille), de nous éclairer sur le sujet! Raymond participe au SEL de Mars depuis 2005, “mais auparavant, et bien avant, j’ai été responsable d’une association humanitaire et membre actif de diverses association oeuvrant pour la protection de la Nature et des Droits de l’Homme” ajoute-t-il.
Un SEL est une monnaie sociale, encore appelée monnaie locale. Lorsque le système monétaire est rugueux et qu’il ne sert plus l’échange, il ne joue plus son rôle. La création d’une monnaie complémentaire permet de pallier le blocage, de retrouver le sens du bien commun, et de faciliter les transaction! “Les SEL répondent à des besoins, ils permettent a leurs membres d’acquérir des services, des savoirs, des savoirs-faire qu’ils ne pourraient pas obtenir dans le secteur marchand compte tenu de la paupérisation de plus en plus importante de la population. Les SEL fonctionnent sans argent, et grâce à une monnaie sociale virtuelle qui ne permet ni spéculation ni accumulation” m’explique Raymond.

“Le lien est plus important que le bien”
Le journal L’âge de Faire de février a consacré un dossier spécial à ce sujet en février: on y apprend que l’Argentine du début des années 2000 a vu un développement massif des monnaies complémentaires et du troc organisé. “Ce fut un moyen de survivre pour les Argentins étranglés par la crise, bien que le système ait fini par s’effondrer à cause de la circulation de faux crédits sociaux et d’une masse monétaire trop importante“, explique le journaliste Didier Bieuvelet.
Pour bien comprendre le fonctionnement d’un SEL, il suffit d’imaginer “une forme de convivialité proche de l’entraide rurale d’autrefois” d’après l’Age de Faire. C’est un moyen d’échanges sans argent marchand. Il permet aux membres d’acquérir des biens qu’ils ne pourraient pas obtenir dans le système actuel. “Ils sont donc source de liens sociaux, et à ce titre, ils font reculer l’isolement social, en faisant vivre des valeurs solidaires fondées sur le dialogue, la confiance, la convivialité, la réciprocité“, m’affirme Raymond.
De toute pièce…
L’idée des SEL a été importée en France en 1994, par des Anglais participant à une conférence en France. Ces anglais étaient membre du LETS de Totness. Les LETS (Exchange and Trade System) sont l’équivalent des SEL français. Le premier SEL a été créé quelques mois après, en Ariège
“L’Echange se concrétise par une Feuille des Echanges, que les partenaires possèdent et qu’ils se signent mutuellement en indiquant: la nature de l’Echange, le jour, et le montant en monnaie virtuelle de l’Echange. Une derniére colonne est réservée au solde des avoirs” m’explique Raymond.
Mais il existe encore une monnaie dans les SEL, qui est “une monnaie virtuelle appelée ‘fondante’ car doit fondre, s’équilibrer et tendre vers zéro, au fur et à mesure des Echanges”. L’unité d’échange permettent d’étalonner l’échange. “Chaque SEL est libre de donner le nom qu’il souhaite à sa monnaie locale. Au ‘SEL de MARS’, il aurait été incompréhensible que cette monnaie ne s’appelle pas la “sardine”!
Au sein de certains SEL, “quelques un pratiquent ce que nous appelons le systéme JEU (Jardin d’Echange UniverSel)“, me précise Raymond. “Il n’y a aucune compensation en monnaie virtuelle lors des Echanges. La confiance, la responsabilité de chacun est mise en avant”.
Une bonne pincée de SEL de France!
D’après Raymond, il y en a environ 410 SEL répertoriés en France, inscrits sur la liste de SEL’Idaire, mais d’autres SEL existent – “si un chiffre global est nécessaire, je dirais 450 environ“. Il en existe aussi en Suisse, en Belgique, et ils ont le même nom: SEL, dans les pays anglo-saxons (nous l’avons vu) ils se nomment LETS, et dans les pays latins, ce sont les Bancos del Tiempo (Italie, Espagne, Portugal,(pour le reste du monde, je cale)
Peu de statistiques existent sur le nombre de participants au SEL. Et les SEL communiquent peu sur cette question là. “Il y en a qui ont 200 et 300 membres, d’autres 30. Pour donner un chiffre, je dirais environ 30000 membres actuellement” explique Raymond. D’après l’Age de Faire, le nombre de participants à un SEL dépasse rarement les 150 membres, “ce qui en fait un système idéal à l’échelle d’un village, d’un quartier ou d’une petite communauté, mais mal adapté à grande échelle“
Avec la crise actuelle, l’accroissement du chômage, la diminution du pouvoir d’achat, et l’augmentation du coût de la vie, nombreux sont ceux qui cherchent des solutions alternatives pour satisfaire leurs besoins. Les SEL étant une de ces solutions, leur création s’accroît et le nombre de personnes qui choisissent ce système d’échange augmente.
Comment ajouter son grain de SEL?
Pour participer à un SEL, “c’est fort simple“, paraît-il!:-) “Il y a un imprimé d’adhésion qui indique les coordonnées de la personne et 2 colonnes: une pour les Offres et l’autre pour les demandes. Nous avons tous quelques chose à transmettre, des services ne serait-ce que de l’écoute, de la compagnie et nous avons aussi tous des besoins. Les Offres et les Demandes ne sont pas immuables elles évoluent dans le temps, suivant de nouveaux besoins ou de nouvelles offres”.
“Il faut aussi, signer notre Charte, que l’on demande de lire attentivement, car elle résume l’Esprit de SEL, c’est à dire des valeurs morales et solidaires qu’il faut avoir pour être un bon séliste. Ces valeurs sont basées sur la confiance, l’équité, la réciprocité, la solidarité, la loyauté, la convivialité… car il arrive parfois, que l’on satisfasse les besoins d’un membre, puis qu’il ne participe plus à la vie du SEL“.

Pour créer un SEL, plusieurs solutions s’offrent aux créateurs, et “c’est pour cela qu’il y a un lieu où les membres créateurs réfléchissent ensemble sur les orientations qu’ils vont prendre car elles doivent perdurer“. Il y a les associations déclarées, qui sont enregistrées officiellement. L’enregistrement en préfecture, permet à l’association d’ester en justice, de recevoir dons et subventions, de faciliter les relations auprès des institutionnels (ex: demander un local municipal), des banques, d’autres associations, etc..
Il y a aussi des associations de fait, qui s’exonèrent des démarches administratives, du paiement de la publicité de la déclaration d’existence, qui ont plus de souplesse pour l’administration de l’association.
Quant au fonctionnement, là aussi il y a 2 possibilités: soit une gérance pyramidale – qui est la plus classique, avec un Bureau composé au minimum de 2 personnes, dont un président. Ce Bureau est nommé par le C.A. (Conseil d’Administration) qui lui même est choisi par les membres lors d’une assemblée Générale. Bien sûr le Bureau peut être composé de bien plus de personnes pour satisfaire aux besoins d’animation, de gestion, de représentativité, etc.
La deuxiéme possibilité est le fonctionnement Collégial. Bien des principes sont différents du fonctionnement pyramidal, mais il faut surtout retenir, que les tâches sont effectuées à tour de rôle par tous les membres ou au moins ceux qui sont volontaires. Cela permet de faire participer un plus grand nombre au fonctionnement, donner des responsabilité à des membres et de les valoriser.
Ce fonctionnement se heurte parfois, aux administrations et aux banques du fait de la dilution des responsabilité. Désigner qu’un responsable leur facilite les procédures.

De SEL en somme…
Lorsqu’on lui demande s’il est satisfait du SEL, Raymond ne cahe pas son enthousiasme! “Satisfait? Oh que oui! Les SEL réunissent par les actions, diverses valeurs humaines parmi lesquelles: la générosité, l’humanisme, l’altruisme. Il y a de la satisfaction lorsque l’on réussi à redonner des joies, de l’espoir aux personnes qui ont des besoins vitaux à combler”.
“Cette solution, d’Echanges sans argent, s’inscrit dans l’Economie Sociale Solidaire. Le système néo-libéral, dominé par l’argent marchand a depuis le 19éme connue de nombreuses faillites qui ont entrainées chômage, perte du pouvoir d’achat, violences dans les couches les plus défavorisées de la population et dans les pays pauvres. Depuis environ 1 an, des gens essaient de trouver des solutions alternatives à la mauvaise “vivance” qui les touche, et de ce fait, ils s’inscrivent aux SEL, qui leur apporte des solutions et les fait sortir de l’isolement social” me précise-t-il. “S’engager dans un SEL est comme jeter une pierre dans l’eau, l’impact provoque des ondes de plus en plus larges.”
“Actuellement l’économie capitaliste se rappelle à nous, sous ses plus mauvais aspects. Une autre alternative est la décroissance – qui n’est pas la récession comme certains veulent nous le faire croire! La décroissance c’est faire tout autre chose, c’est inventer collectivement une façon de vivre mieux avec beaucoup moins. C’est devenir des usagers maîtres de leur besoins de leur devenir, de fonctionner de manière démocratique et participative. Les usagers aspirent à une démarche citoyenne porteuse de valeurs humaines en particulier de solidarité au lieu d’être axée sur le profit. C’est aussi de consommer autrement au lieu de consommer passivement”.
Lorsqu’on l’interroge sur sa plus belle expérience d’Echange, Raymons nous confie “que cela a été de donner la possibilité de sortir d’un contexte morose, qui faisait perdre à la personne sa dignité“. Sa meilleure définition de la solidarité? L’altruisme et le respect des autres.
Pour 2009, Raymond aimerait “que notre monde soit chaque jour plus humain, que la Paix soit hissée au pavillon des nations, que la solidarité et le changement radical de la société actuelle soient nos objectifs“. Des souhaits univer-SELs, en somme…
++ Pour aller plus loin ++
- Monnaies Locales contre la crise, Planète Terra
- Dossier du journal l’âge de faire de février, n°28
- Le SEL de Mars (à Marseille)
- Selidaire “pour changer, changeons!”
- Carte de France des SEL
- Transversel
- Un wiki sur les monnaies locales
- Plus de références sur cette page
- Cybersel
- Voir aussi le SOL, monnaie en expérimentation dans plusieurs régions de France…
- Patrick Viveret, Reconsidérer la Richesse, éd. de l’Aube





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J’avais écris un article là dessus il y a quelques temps, c’est vraiment super ce système. Je rêve d’aller voir la ville de Totnes, ils en font d’ailleurs une belle attraction touristique il me semble.
Si vous souhaitez vivre une expérience de ce genre, sachez qu’il y a quelques éco-villages en europe qui optent pour ce système. Je crois que c’est le cas à Svanholme au Danemark, nous voulions d’ailleurs aller y passer 3 mois, avant de changer nos plans pour un tour du monde :)
Un bel article pleins d’espoir, avec la crise, m’étonnerait pas les SEL reviennent sur le devant de la scène, ou de la Seine ?
[...] prennent de plus en plus d’ampleur. Facebook a créé la sienne : Facebook Credits. Le SEL, alternative locale basée sur l’échange de services prend de plus en plus d’ampleur. [...]
Je ne pratique pas le sel mais plutôt l’échange et l’entraide. Ainsi un amis qui est maçon est venue chez moi faire des travaux et moi en échange je m’occupe de son site internet.
Ont profite en échangeant nos compétence réciproque.