Leur belle vie en roulotte
Le 4 février 2009 | Par Agnès
Totalement immergée dans un mode de vie écologique, je traque sans relâche dans le quotidien les initiatives et les leviers permettant de changer les comportements et bouger les lignes.
Tout a débuté par un flash le jour de son anniversaire. Un flash qui s’est installé intensément en elle pendant deux jours. La vision d’une roulotte tirée par un cheval s’est clairement imposée à Bénédicte. Il y avait aussi sa famille avec elle. Et des chemins dans la campagne française.
C’était le 10 septembre 2007. A peine une année plus tard, au tout début du mois d’août 2008, la petite famille quittait Floriffoux, petit village belge, pour un périple d’une année à travers la France.

Pourquoi rester ?
Nous l’avons tous dit/rêvé/envisagé au cours de notre vie : pourquoi ne pas tout quitter, tout laisser derrière nous pour partir vivre une aventure singulière ? Pour la majorité d’entre nous, cette idée reste éternellement au stade du rêve, mais pas pour Bénédicte, Serge, leurs deux enfants, Pierre et Marius, sans oublier, James le chien fidèle, qui se sont élancés à la fin de l’été dernier pour un grand tour de France. En roulotte tractée par deux chevaux et en laissant tout derrière eux.
Aussi stupéfiant que cela puisse paraître, à peine cinq jours après le flash de Bénédicte, la décision de partir était prise. Il ne restait plus qu’à tout mettre en œuvre pour y arriver.
Et régler notamment la vente de la maison, des deux voitures et la partie la plus essentielle du projet : la construction de la roulotte et l’apprentissage des cours d’attelage.
C’est de la roulotte que viendra la première déconvenue, le constructeur qui s’était engagé avec eux pour leur fabriquer le châssis et la caisse se rétracte au début du mois d’avril. Sérieusement remis en cause, le projet de Bénédicte et Serge emprunte alors une nouvelle voix : ils construiront eux-mêmes leur roulotte !
Grâce à l’aide précieuse d’un ami fortement impliqué dans leur projet, puis un soutien constant d’amis et de membres de leur famille, L’Essentiel (le nom qu’ils ont choisi pour leur roulotte) prend forme.
Bénédicte explique que pour chaque personne ayant participé, fut-ce pour quelques heures, cela correspondait à un « investissement comme s’ils faisaient partie du rêve« .
Et le 7 août 2008, c’est le grand jour ! On attelle Nico et Sunny pour la première véritable étape.

Vivre l’Essentiel
Pour Bénédicte et Serge ce départ s’annonce comme « un voyage au plus profond des tripes« , eux qui ont « plus besoin de l’extérieur pour [se] remplir« .
Pierre, leur aîné, a d’abord considéré l’annonce de ce grand voyage comme une blague avant qu’il ne trouve « cool » l’idée de partir deux mois puis au fil de l’avancée du projet c’est surtout l’idée de se passer d’école pendant une année qui l’a séduit. Pas d’école n’étant pas synonyme de pas d’enseignement, ce sont donc ses parents qui se chargeront de lui faire la classe, ainsi qu’à son frère, chaque matin, en s’appuyant sur des cours par correspondance. Le plus difficile pour ce grand adolescent de 13 ans reste d’être séparé de sa famille et de ses « potes » durant un tel laps de temps. En revanche, aucun problème pour lui à délaisser toutes ces choses matérielles qui faisaient sa vie et c’est spontanément qu’il a offert lui-même ses consoles de jeux à qui les voulait peu avant le départ.
Quant à Marius, pétillant garçonnet de 8 ans, il est très heureux de ce voyage et regrette seulement de ne pas avoir pu emporter davantage de jeux.
Il faut dire que L’Essentiel n’autorise justement que l’essentiel !
Avec 8m2 de surface disponible pour la vie quotidienne de quatre personnes, chaque objet doit avoir sa raison d’être et interdit tout superflu. Ce qui amené Bénédicte à adhérer à l’idée que « plus tu possèdes [de choses matérielles], plus tu te sens en insécurité, tant est forte la crainte de perdre toutes ces possessions« . Tandis qu’à contrario, « quand tu arrives à t’en détacher, tu arrives à te détacher de tout et tu es plus en sécurité à l’intérieur de toi« .
Essentiel également de désamorcer immédiatement toute crise, tout conflit. Dans une roulotte, impossible d’envoyer les enfants dans leur chambre, alors on parle, on explique et on dénoue tout de suite.

Partir certes, mais partir où ?
Pas de plan de route formellement établi, juste deux objectifs : rallier Bordeaux où une amie de longue date de Serge les attend et visiter des lieux de vie différents, qu’ils soient collectifs, communautaires ou de hauts lieux « vibratoires« .
A peine quelques semaines après leur départ, tout près de Château-Thierry, un accident dont les conséquences auraient pu être dramatiques remettent totalement le projet en question. Plusieurs mois après, on sent leur réticence à en parler, d’ailleurs, on n’insiste pas, on ira plus tard lire le récit que Bénédicte en a fait sur leur blog.
Après ce qu’ils considèrent comme un véritable miracle, deux options s’offrent alors à eux : « tout arrêter et pleurer toutes les larmes de [leurs] corps« , renoncer à un projet de vie longuement mûri et préparé, se soumettre à ce coup du sort… ou bien accepter que « chaque élément explique le précédent« .
Après quelques coups de téléphone avec la famille et des amis en Belgique, une grande chaîne de solidarité se met de nouveau en place et le voyage reprend, avec en eux « l‘humilité de reconnaître qu’ils vont faire différemment« .
Mieux en réalité.
Plier sans jamais rompre
Serge et Bénédicte réalisent alors le poids que représentaient les chevaux : le temps passé chaque jour à les atteler, les désatteler trois fois par jour, les brosser, trouver un endroit pour les attacher solidement, monter la clôture pour la nuit, et la démonter avant de repartir, la nécessité de s’arrêter dans une prairie, changer les fers toutes les six semaines chez un maréchal-ferrant possédant le matériel spécifique et nécessaire, les soins vétérinaires, l’entretien du harnachement… Au final, pas moins de cinq heures de leurs journées étaient uniquement consacrées aux chevaux.
Au détriment de ce qu’ils étaient finalement partis chercher, « apprendre à vivre l’instant présent [pour] pouvoir se rapprocher de [leurs] valeurs« .
Les chevaux rapatriés en Belgique et remplacés par un tracteur, c’est un nouveau voyage qui commence, seulement neuf jours après l’accident. Et au cours des jours qui suivent, ils réalisent un fait nouveau et inattendu : alors que jusque là, les gens venaient surtout à eux attirés par les chevaux, désormais, les personnes qu’ils rencontrent sont surtout intéressées par eux, leur famille, leur projet.

Du périple de ces premiers mois, ils gardent un souvenir très fort de leur séjour dans la communauté de l’Arche de Lanza del Vasto à La Borie Noble dans l’Hérault.
Mais aussi de multiples rencontres effectuées au fil de la route et des témoignages sans cesse renouvelés d’une grande solidarité. Un café offert, un repas partagé, une douche proposée, l’hospitalité sous ses nombreux aspects.
Après Libourne, c’est vers le nord qu’ils ont repris la route pour quelques mois encore avec la Bretagne et ses innombrables hauts lieux « vibratoires » en ligne de mire.
Leur retour en Belgique ne signifiera pas pour autant le retour à leur vie d’avant. Même s’ils ne mesurent pas encore la portée et la profondeur de tous les changements vécus au cours de cette formidable aventure, ils ont la certitude qu’ils ne désirent plus cette vie « d’avant ».
Ils évoquent leur intégration dans une communauté, un éco-village, pourquoi pas habiter une yourte… ils ne savent pas encore de quoi sera fait leur avenir mais ont acquis la conviction qu’ils sont « de bons roseaux » et veulent juste prendre « le risque de vivre » avec cette « envie de changer les choses, dans le partage, l’amour, la paix et le respect« .
Souhaitons-leur simplement un beau succès dans cette voie !
Pour connaître tous les détails de leur fabuleuse aventure et poursuivre avec eux leur route, rendez-vous sur leur blog : la belle vie en roulotte.
Crédit photos DR






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Merci Agnès. On lit ton article comme un conte…
c’est vrai, ton écriture coule…c’est très agréable de te lire!
Merci, merci, les filles…
Ca fait rêver ! Nous, c’est l’envie de travailler pour la biodiversité dans les DOM-TOM qui nous titille ! Alors, banco ! je démissionne de mon boulot de cadre au bureau et nous prenons le pari que nous allons réaliser notre rêve : tout quitter pour cela ! Avoir enfin une vie en accord avec nos convictions ! Et prendre enfin le temps de vivre !
Allez, Hélène, chiche ;-)
Et surtout n’oubliez pas de nous tenir informés de l’évolution de votre projet !
Je vous souhaite le plus grand succès dans sa réalisation.
super je vous envies profitez en un max nous aimerions faire la mème chose. c’est si bon !!
bonjour,j espere que vous faitent bon voyage,je vous laissent mon portable si un jour vous venez dans la région j essaierais de pouvoir vous acceuillirent histoire de rencontre et partages.bonne route fred,<> 0621951861