Résistons avec la BLAG (Brigade Légère Anti-Gravité)!
Le 11 janvier 2009 | Par Anne-Sophie
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Touchée par le virus de l'info & des médias, éco-convaincue de longue date, j'aspire à mobiliser les consciences à grande échelle...
En ce froid dimanche de janvier 2009, alors que la crise est encore là, qu’israël décide de poursuivre son offensive, que les erreurs médicales font 10000 morts par an, que des pollutions atmosphériques sont constatées dans plusieurs régions, que le prince Harry est accusé de propos racistes, qu’une majorité de Français restent d’irréductibles fumeurs et désapprouvent le retour au travail très rapide de Rachida Dati, que Detroit se prépare à un Salon de l’automobile sinistre, que la gauche et syndicats sont ensemble contre la «privatisation» de La Poste et que l’on dénombre 260 disparus dans le naufrage d’un ferry indonésien… je vous propose aujourd’hui, froid dimanche de janvier, de résister avec… un conte bio…
Ecrit par Pierre Combarnous alias Monsieur Mouch, brillant conteur-slameur résidant du côté de Nantes, “Résistance” existe en version écrite, mais aussi vidéo. Le voilà donc ci-dessous…

Le rire comme résistance
Par une matinée du mois de mai, il y a quelques années, à Paris, il y eut une série d’attentats terrifiants. A l’heure de pointe, celle où tout le monde part travailler, sur chacune des lignes du métro simultanément, une rame au moins transportait avec elle un des vingt colis piégés, qui parcouraient la ville dans toutes les directions.
Les bombes n’étaient pas des bombes classiques, elles n’explosaient pas, mais laissaient filer tout doucement le gaz hilarant qu’elles contenaient. Les attentats furent revendiqués par la Brigade légère anti-gravité, la B.L.A.G. Son action fut si bien coordonnée, qu’en moins d’une heure, dans tout le sous-sol parisien, il était devenu impossible de ne pas respirer les gaz hilarants que les rames de métro avaient dispersés.
Les yeux ont d’abord un peu piqué, puis la gorge, et finalement, les écclats de rire ont pris le dessus. Le fou rire était inévitable, et les portes des wagons, en s’ouvrant laissaient exploser des tonnes de rires irrésistibles. Le phénomène était tellement fort, qu’il se communiquait même à l’extérieur, aux passants près des bouches de métro. Il y eut tout de même quelques décès, des gens qui n’avaient jamais ri de leur vie et avaient fait là, une overdose. Pour les autres, le moment n’était pas désagréable, les pompiers venus en secours se marraient bien, et même la maréchaussée se surprenait à rire. Les victimes des attentats de la B.L.A.G étaient innombrables, mais passés les quelques jours de convalescence heureuse de celles-ci, le nombre des adeptes de l’organisation illicite, lui, augmenta démesurément. Les attentats se multiplièrent pendant tout le mois de mai, et Paris se tordait de rire, tout comme ses habitants qui étaient heureux de rire ensemble, solidaires face à l’adversité.

Les seuls que ça ne faisait pas rire du tout, c’étaient les gouvernants et les patrons, qui voyaient d’un très mauvais oeil, ces actions non constructives et pernicieuses. Les gens riaient, prenaient des arrêts maladie pour leur convalescence, heureusement pas de dédommagement, mais ils se parlaient. Ils avaient tous ce fou rire géant en commun, ils se sentaient unis, un peu plus voisins. Ils parlaient partout, de tout, et notamment de politique et d’économie, ce qui inquiétait beaucoup les détenteurs du pouvoir et de l’information. En haut lieu, la situation était grave, la capitale était sans dessus dessous et l’on craignait que le phénomène ne gagne les villes de province, la situation du pays aurait été catastrophique. Ils cherchèrent plusieurs jours une solution pour enrayer la révolution en cours, avec les plus grands experts en trucs pas drôles. Ils lancèrent une campagne de publicité pour informer des dangers de l’excès de rire pour la santé, du risque économique qu’encourait le pays, de la mauvaise image des français à l’étranger… Des tas de choses imaginaires, et ça faisait rire tout le monde.
Comme les puissants n’avaient pas de solution pour faire arrêter de rire les parisiens, et bientôt les autres, le rire fut tout simplement interdit en place publique. La police, qui ne rigolait pas, appliquait à la lettre la nouvelle législation chiante que les patrons avaient proposée, que les syndicats avaient signée, et que les assemblées avaient votée. Les procès-verbaux et les amendes fusaient des mains des policiers, on dit même que certains citoyens furent emprisonnés. La peur du gendarme a fait son effet, et maintenant dans les rues des grandes villes de France, Paris en tête, les gens ont l’air triste, pour ne pas risquer de se faire attraper par les poulets. Il y a bien de temps en temps un retour de blague, une explosion fortuite, échappée de la bouche d’un content, et des bars clandestins où l’on peut boire et rigoler.
Depuis ces événements, la B.L.A.G n’a plus frappé Paris, ni ailleurs, mais elle a su montrer à chacun, qu’il est bon de trop rire parfois. Les gens ne font pas la gueule en vérité, ils sont juste prudents, et au fond de chacun d’eux, bon, peut-être pas tous, mais beaucoup, il y a maintenant, cet esprit de résistance. Le rire, le sous rire.
Résistez et n’oubliez pas, que l’autre résiste aussi.
Merci Monsieur Mouch, et à très bientôt pour un autre conte bio sur ecoloinfo!:-)
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J’aime bien la morale de cette histoire :)
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