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Matière grise pour évolution verte

Que Dit TOTAL sur le DD…? Ecolo-Info ACT’Sense #33


Le 8 décembre 2008 | Par

Anne-Sophie

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Touchée par le virus de l'info & des médias, éco-convaincue de longue date, j'aspire à mobiliser les consciences à grande échelle...

Il y a peu avait lieu En ligne pour ta Planète, un chat organisé par Canal Chat Grand Dialogue et auquel j’ai eu l’occasion de participer lors de la première édition en juin dernier. Nous avons choisi, pour cette seconde édition, de ne pas être partenaire, alors que le principe de ces chats me plaît beaucoup et que nous l’étions la fois précédente. Le petit hic qui ne nous a pas fait renouveler notre partenariat vient seulement de la présence de Total dans les participants.

Nous trouvions en effet assez gênant qu’une telle entreprise puisse intervenir en toute légitimité et sans contradicteur sous le titre “en ligne pour ta planète”. Je m’en suis expliquée avec les organisateurs en faisant bien comprendre qu’il ne s’agissait pas de prendre un point de vue “ultra-militant”, mais signifier simplement que nous aurions aimé alors voir le responsable de Total intervenant ce jour là face à des avocats les ayant combattu lors de procès au sujet de plusieurs catastrophes ou autre… Pour ne pas leur offrir (eux qui payent pour participer à ces chats) une telle visibilité impunément…

Pour cet ACT’Sense, j’ai donc décidé de vous laisser juger par vous-même et vous donne donc le lien vers la transcription des échanges ayant eu lieu le 24 novembre dernier avec Jean-Michel Gires, Directeur Développement durable et Environnement du Groupe TOTAL. Vous trouverez une copie de ce transcript dans la suite de ce billet, car les transcripts sont effacés lors des éditions suivantes.

Une remarque avant de vous laisser: en arrivant à la gare Montparnasse il y a deux semaines,  je suis tombée sur ces grands panneaux publicitaires, qui m’ont un peu surprise…

En ces temps de crise, je les trouve surprenantes et un peu contradictoires au regard des changement que nous devrions opérer… vous ne trouvez pas?

———————————————-

ecologirl : Franchement vous faites quoi sur ce salon à part vous racheter une conscience ?
dd : Bonjour, Total et le développement durable, c’est pas un peu paradoxal tout ça ?

Je tiens à vous dire tout d’abord que je suis très heureux de pouvoir en parler avec vous. Derrière vos questions se cache manifestement le souhait d’en discuter. Nous souhaitons tous participer au développement durable, et nous particulièrement du fait de notre cœur de métier : l’énergie. Nous sommes une grande entreprise et nous souhaitons vous démontrer que nous voulons jouer le jeu et non « se racheter une conscience » comme vous dites. Nous voulons répondre à toutes les questions qui se posent.

Heloïse – Ecofeminin : J’ouvre la discussion, pouvez-vous définir votre rôle chez Total et les actions que cela recouvre, de quelle direction dépendez-vous : communication ou autre ?
dd : Ca consiste en quoi le métier de directeur développement durable chez Total ?

Je suis en tant que Directeur Développement durable et Environnement du Groupe, partie prenante dans les équipes de la Holding et donc du Secrétariat Général du Groupe en compagnie de Christophe de Margerie. Pour ma part, j’ai déja eu la chance d’exercer plusieurs postes chez Total : au marketing mais également sur les grands projets du Groupe sur d’importants sites à l’étranger : au Venezuela notamment. Auparavant, j’avais travaillé dans l’administration publique, sur des sujets déjà très proches du secteur de l’énergie. Mon expérience m’apporte beaucoup à mon poste. A la Holding, nous sommes capables de nous organiser comme une fonction à part entière pour intervenir comme animateur, promoteur, négociateur… dans les activités du Groupe.

Berangere : C’est quoi le développement durable chez Total ?

Très bonne question. C’est surtout le reflet d’une aspiration politique de la société, cela revient à se projeter dans l’avenir, et donc à le préparer, l’anticiper. Dans le concret, cela se caractérise chez nous par 3 grands axes : – 1) Maîtriser et réduire l’impact de ses activités sur les personnes et l’environnement et lutter contre le changement climatique. – 2) Contribuer au développement économique et social des parties prenantes de l’entreprise. – 3) Préparer le futur énergétique, anticiper les besoins de demain, en développant de nouveaux produits et procédés ainsi que de nouvelles ressources d’énergie. Cela n’intéressait personne au début des années 2000, mais c’était déjà le cas chez Total.

eddy : Comment concilier les activités industrielles (pétrolières notamment) d’une entreprise dans un pays où il n’y a pas de bonne gouvernance ? Le cas par exemple de, Shell au Nigéria. Comment faire lorsque les richesses ne bénéficient pas aux populations environnantes des sites pétroliers ?

On est clairement dans la création de valeurs pour les parties prenantes. C’est une question capitale dans les pays en voie de développement où la question sociale est parfois problématique. Par exemple, pourrons-nous embaucher des employés, des fournisseurs compétents ou bien formés une fois sur place dans un pays donné ? Beaucoup de données rentrent en compte. Il faut se poser toutes ces questions et réfléchir aux moyens pour développer et s’engager positivement auprès d’institutions qui ne fonctionnent pas toujours très bien. Il faut donc que nous instaurions le dialogue non seulement avec les pouvoirs locaux mais également avec certaines ONG compétentes en matière d’éducation, d’infrastructures, de soins, etc. L’expérience du Nigéria démontre que nous y parvenons actuellement même si c’est difficile.

léonard mars : L’année dernière la direction générale “Gaz et électricité” de Total est devenue « Gaz et énergies nouvelles »… Est-ce que ça traduit une vraie volonté de s’engager pour le développement des énergies nouvelles (et partant de là contre le réchauffement du climat, entre autres) ou bien c’est juste une question d’image ?

Au sein du groupe, cette direction s’appelait précédemment « Gaz et Electricité ». Avec cette nouvelle appellation, on a voulu mettre mieux en exergue notre implication dans les énergies nouvelles, mais également sur une meilleure maîtrise de l’énergie charbon, le nucléaire et les énergies renouvelables. Les agro-carburants, la préparation de l’après pétrole, la recherche de nouvelles sources de biomasse sont autant d’enjeux sur lesquels nous nous sommes positionnés. On se concentre sur cette recherche permanente car si nous sommes effectivement avant tout un grand groupe gazier et pétrolier pour le moment, nous sommes obligés de préparer l’avenir avec les nouvelles énergies. Cela ne veut pas dire non plus que nous avons pour l’instant décidé de peser en tant que producteur d’électricité. Nous poursuivons une réflexion qui va dans le sens de l’après-pétrole.

maximux : Bonjour, de quelle manière sauvegardez-vous la biodiversité ?

Il s’agit avant tout de la préservation des écosystèmes indispensables à notre développement. Les activités humaines en réduisent indéniablement le développement. Un groupe comme Total est obligé de réfléchir à leur préservation. À chaque fois, par exemple, que nous nous installons dans une région pour en extraire du pétrole, nous établissons tout un programme en amont pour minimiser tous les risques d’influence sur les écosystèmes sur place. Les groupes pétroliers sont amenés à rechercher du pétrole dans des régions de plus en plus improbables, comme dans les régions des pôles. Nous voulons au maximum limiter notre impact de toutes manières. Nous travaillons donc à une meilleure connaissance des écosystèmes, en engageant des travaux de vulgarisation de façon à les rendre plus accessibles et moins abstraits pour le grand public.

vertderage : J’ai lu que Total avait signé avec l’ADEME un « protocole d’accord pour l’efficacité énergétique des procédés industriels », ça consiste en quoi exactement ?

Vous n’avez donc pas à être « vert de rage » car cet engagement auprès de l’Ademe est constructif. Du fait de la nature de notre activité de pétrolier notamment, nous nous devons d’être plus responsable afin de la rendre plus durable, nous n’en serons pas moins efficaces. Dans une plate-forme industrielle, on produit des vapeurs, de l’électricité… des utilités indéniables, et des sources d’énergies internes, qui doivent être reexploitées de manière innovantes. On veut rendre ces initiatives plus supportables en créant un fond d’investissement. C’est un sujet qui intéresse beaucoup de laboratoires et de PME qui souhaitent s’engager à nos côtés.

liloo : Etes-vous seuls à avoir signé ce type d’engagement ?

On n’est évidemment pas les seuls à réfléchir à ce type d’accord ou en tout cas à le souhaiter, mais sinon oui, en toute modestie, il s’agit bien d’une première dans ce domaine.

sophie : Le captage stockage à Lacq, c’est quoi ? Et c’est pas un peu dangereux ?

C’est la limitation des gazs à effets de serre qui est en jeu sur ce site. On veut réfléchir également sur les énergies renouvelables et l’étude de leurs émissions. Des initiatives encore plus ambitieuses comme le captage de gazs carboniques est envisageable. On veut éviter que ces gazs se dispersent dans l’atmosphère dans le cadre de grandes activités comme la cimenterie ou la raffinerie. Lacq va donc héberger le premier projet français de démonstration de toute la chaîne d’oxycombustion, depuis la production d’oxygène à l’injection et stockage de CO2 dans un gisement on-shore de gaz naturel épuisé. Les fumées d’oxycombustion, dépourvues du ballast azote de l’air, sont composées majoritairement de CO2 et d’eau. Après condensation de l’eau, elles seront comprimées, séchées, transportées et recomprimées avant d’être injectées. Une étude géo-scientifique a été entamée pour étudier l’intégrité du réservoir et obtenir un premier retour d’expérience. On pense pouvoir maîtriser cette activité de captage et d’injection. Les risques de fuites de fluides par exemple sont très limités du fait de notre expérience dans cette activité.

Aden : C’est une question un peu personnelle, mais que faites-vous en tant que citoyen pour protéger l’environnement ? Une grosse voiture, des sports « nature » ??? Vous triez ???

Mon travail consiste à organiser les réflexions et les actions sur le développement durable chez Total. Sur un plan personnel, j’ai évidemment un goût tout particulier pour la préservation de la planète et de ses écosystèmes, je suis un amateur de photos et je tiens à en préserver les beautés. Je tiens à ce que nous fassions tous les efforts notamment via nos initiatives numériques comme ce chat pour instaurer le dialogue sur le sujet.

jaimepastotal : Le torchage du gaz au Nigeria vous a valu d’être nominé au prix Pinocchio de l’environnement…Vous êtes les grands spécialistes du mazoutage d’oiseaux et de plages et du dégazage en pleine mer… et vous vous posez en grands défenseurs de la planète. Franchement, vous avez pas légèrement le sentiment de nous prendre pour des cons ?

Je ne connais pas bien ce prix Pinocchio, mais j’en déduis que ce prix est censé viser toutes les entreprises de l’énergie comme Total, Areva ou encore EDF, je veux répondre que nous sommes responsables, impliqués et engagés. Notre rôle consiste à dire que nous ne sommes pas indifférents à des sujets comme la pollution ou le torchage du gaz. La preuve : nous nous sommes engagés à ne plus lancer ce type de projets à l’avenir. Sur le thème des marées noires, on veut faire progresser le système, mais à tous les niveaux de la chaîne de la production et du transport pétrolier qui est bien plus complexe qu’on le croit. Je veux répondre sur toutes ces questions.

Emmanuel Larroumet : J’ai souvent l’occasion de voyager en Afrique pour mon travail et notamment au Gabon. J’ai donc eu l’occasion de constater que Total finançait de nombreuses activités de développement durable dans ce pays. Je suis sûr qu’il y a beaucoup d’équivalents, dans d’autres pays africains notamment, et je m’étonne que ce ne soit pas davantage médiatisé.
arnold : Comment se fait-il qu’on entende beaucoup plus parler de tout ce qui est négatif (Erika et autres affaires) que de ce qui est positif ?

Générer une marée noire est une expérience effectivement effrayante et traumatisante. On comprend l’émotion et la fureur des personnes touchées. L’Erika a bien entendu interpellé bon nombre de nos dirigeants et collaborateurs. On veut être présents partout au niveau des compensations financières, et de l’anticipation des incidents, des défaillances, car le risque-zéro n’existe malheureusement pas dans notre activité. Oui clairement, Total fait les efforts pour améliorer ses dispositifs, y compris au Gabon. C’est dans la nature des choses et des médias que de parler de ce qui ne fonctionne pas et ne pas se faire l’écho des initiatives entreprises pour la protection de l’environnement. Nous avons besoin de progresser sur la communication en la matière car il y a un vrai dilemme dans le domaine. Nous avons à accepter les grands débats de notre société et à y participer de manière plus efficace. Il faut que nous exprimions plus naturellement nos projets, nos actions. Cela doit faire désormais partie de notre credo. Cela demandera un peu de temps avant que le message complètement auprès des industriels.

marco : Est-ce que vous travaillez avec les ONG ?

Nos actions sociétales et sur la protection de l’environnement impliquent forcément des partenariats multiples avec les ONG, car nous ne sommes pas compétents sur des domaines aussi variés que l’enseignement, la médecine de terrain, l’épuration de l’eau, etc. Nous nous rencontrons donc très logiquement pour avancer sur ces différents sujets. Notre collaboration s’est d’ailleurs très nettement améliorée durant les années passées, dans la droite ligne du « Grenelle de l’Environnement ». C’est notre ambition.

Kseb : Les pays producteurs ou détenteurs de réserves, prennent-ils conscience de la dimension « développement durable », et les appels d’offres pour des prises de permis qui prennent en compte ce critère réellement ?

Je le souhaite et je le crois à la fois. Le développement durable et la préservation de l’environnement est devenu un critère de choix des entreprises productrices. C’est une nouvelle notion de mise en concurrence, dans tous les pays développés, mais également dans les pays en voie de développement comme au Venezuela par exemple… Tous ces pays souhaitent avoir un référentiel de toutes nos actions entreprises sur nos sites pour pouvoir évaluer des candidatures comme la nôtre. Dans ces accords, on s’engage à faire en sorte d’employer de plus en plus de personnes issues du pays en question, à la condition que celles-ci soient bien formées à nos métiers. On s’engage donc à faciliter la construction d’écoles sur place, etc. Nous veillons à ce que toutes nos actions s’intègrent correctement à nos programmes.

luc : Vous faites quelque chose pour aider vos clients à moins polluer avec leurs voitures ?

Bien sûr ! Et c’est déjà le cas depuis quelques temps. Il y a eu des améliorations spectaculaires ces dernières années. Du point de vue de la limitation des émissions de particules par exemple, les progrès sont impressionnants. Sur le marché des carburants et des lubrifiants, Excelium et Fioule Eco ont fait leurs preuves et participent à une réduction d’émissions des gaz à effets de serre et une consommation automobile plus propre. Surveiller la pression de vos pneus dans nos stations permet également une meilleure consommation. Le domaine de l’éco-conduite est également abordé dans nos stations-services. La réduction des effets polluants du particulier est effectivement un domaine sur lequel nous nous engageons.

Heloïse – Ecofeminin : Quels sont les chantiers prioritaires pour 2009 ?
agathe : Quel va être à votre avis le plus grand enjeu de développement durable des années à venir et comment compte y répondre Total ?

J’ai envie d’évoquer la préparation du futur énergétique chez Total, car le pétrole est une énergie fossile et donc non-durable pour la majorité de l’opinion. Nous avons entamé une réflexion sur ce sujet, et nous souhaitons apporter à nos clients toujours plus d’innovations pour qu’ils consomment moins de carburant. On veut apporter des solutions concrètes sur ce plan, mais également dans le domaine des énergies renouvelables. On veut en réduire les coûts, vérifier que nous ne faisions pas de confusion des genres (pas de ressources alimentaire pour concevoir des carburants par exemple), etc. La lutte contre le réchauffement climatique est centrale également et nous allons encourager une initiative comme le captage stockage des émissions de gaz à effets de serre. Ce sont des projets de grande ampleur.

Merci beaucoup, un mot de conclusion ?

Sur l’insécurité de nos sites, nous sommes exposés à des risques de prise d’otages, de sabotage… c’est un problème au large de la Somalie, comme dans de nombreux autres détroits de la planète (Malacca par exemple). Les entreprises de piratage sont nombreuses dans des zones de non-droit. Le gouvernement français et les autorités locales sont présents pour défendre nos intérêts. Nous avons beaucoup de pétroliers (tankers et supertankers) sur les océans et nous tenons à surveiller ce phénomène avec toute la vigilance appropriée. Sur le prix du baril, tous ces mouvements erratiques de l’économie mondiale perturbent les marchés. Conséquence sur cet indice capital de l’économie, il baisse, il monte sans obéir à des logiques très claires. Cela reflète assez mal la situation actuelle du marché tandis qu’un baril à 80 dollars nous semble un meilleur prix d’équilibre pour tout le monde, mais il faut que les pays de l’OPEP se concertent et se mettent d’accord pour y arriver. Nous en avons tous besoin pour que le marché se rééquilibre. Mais même si tout cela est très important, on tient à ce que ces problématiques restent en marge de nos engagements de développement durable car la ligne est désormais fixée en la matière. Merci à toutes et à tous pour vos questions. C’était un plaisir d’échanger avec vous.


7 commentaires à “Que Dit TOTAL sur le DD…? Ecolo-Info ACT’Sense #33”

  1. Rémi says:

    “Notre rôle consiste à dire que nous ne sommes pas indifférents à des sujets comme la pollution ou le torchage du gaz.”

    Tout est DIT. Belle démonstration de rhétorique.

  2. Matyas says:

    Merci pour cet article.
    Parfois j’aimerais venir de la Belle Verte (cf coline Serreau) pour pouvoir déconnecter les gens et qu’ils se rendent compte de ce qu’ils font et sont RÉELLEMENT.

    Comme je n’ai pas ce pouvoir, cet article est vraiment intéressant. Pour moi c’est le signe de la fin du pétrole. De plus en plus de gens déplacent leurs valeurs du financiers à l’humain, être humain quoi ! C’est pour quoi je suis convaincu que les gens qui tentent par tous les moyens de défendre et justifier l’injustifiable ne pourront bientôt plus tromper leur monde. C’est pour cela que c’est à nous de faire gaffe à ne pas utiliser de pétrole au quotidien !

    Donc je crois qu’une part de leur discours est sincère : ils veulent qu’on les voit comme des gens bien. C’est dur d’être diabolisé ! Pourtant, être autant en contradiction entre leur discours et leurs actes relèvent du numéro d’équilibriste bien formaté…et montre encore une fois une société segmenté : chacun fait son truc pour se payer ses vacances, sa maison, sa voiture, l’école de ses enfants…Et cela devient un crime contre l’humanité car la finalité de la vie devient alors de gagner à tout prix pour survivre,”si t’as pas d’argent, t’as rien”.

    Lorsque je suis parti ramasser les galettes de fiouls qui arrivaient sans discontinuer sur la plage près de chez moi, j’ai soudain pleuré de voir cette vague noire et visqueuse tuer tout sur son passage, c’était bouleversant.
    Ce qui m’a bouleversé c’est que j’ai compris que devant moi se déversait la MERDE du monde. Car le pétrole nous permet de nous déplacer et d’emballer nos aliments et de créer 10 000 choses fantastiques, mais c’est bien le même pétrole qui génère des convoitises, créer des conflits et rejette son CO2 dans l’atmosphère. C’est aussi lui qui tuent la biodiversité sur Terre, nous rend de plus en plus dégénératif dans nos cellules et nous fait croire surpuissant par notre technologie. Nous pensons avoir un droit sur cette matière première or c’est faux.

    Je le dis HAUT ET FORT : C’EST UN VIOL. A CHAQUE FOIS QUE NOUS UTILISONS LA POMPE A ESSENCE C’EST UN VIOL. C’est un viol et un crime.

    C’est dur parceque certain d’entre nous pensent qu’ils ne peuvent plus s’en passer et je comprends mais croire cela c’est devoir trouver des solutions encore plus destructrice de type les agro-carburants. Ne pouvons-nous prendre des choix radicaux bénéfiques pour la planète et surtout pour nous ?

    Merci à ce Mr de chez total pour sa bonne conscience écologique, si je ne doute pas de ses intentions, je doute de son honnêteté. Cessez maintenant de parler et agissez, les discours ne valent qu’à vous desservir et à vous rendre malhonnête avec vous-même.

  3. Je comprends tout à fait l’état d’esprit d’écolo info de ne pas aller contre ses convictions ; en revanche, de part mon expérience professionnelle et personnelle (notamment des actions humanitaires), j’ai aussi compris que toutes les actions, bonnes ou mauvaises sont régis d’une façon ou d’une autre par des motivations économiques. Il est malheureusement nécessaire de prendre en compte ces réalités.
    Est-il donc indispensable pour se faire entendre de « combattre » des marques comme Total ou n’est –il pas possible de les prendre à leur propre jeu ?

    En effet, contrairement à beaucoup de secteurs d’activités actuellement, ils ont des budgets et même beaucoup. Ces budgets, ils n’hésitent pas (et pour cause !), à les utiliser largement pour revaloriser leur image de marque, participer à ce chat en ligne en est un exemple très concret mais d’autres actions comme la préservation ou la replantation de coraux, la participation au développement d’activités locales et le financement d’associations en font aussi partie.

    Pour ma part je crois qu’il faut aussi prendre en compte d’autres paramètres, y compris économiques et sociaux et encourager ces grands groupes qui en ont les moyens à se positionner dans une démarche durable. Sans cautionner leurs actions, il ne faut pas que l’affrontement direct créé de la vigilance ni du découragement de la part de ces « opposants » ! Avec ou sans nous ils continueront de toutes façons leurs activités, pourquoi ne pas utiliser leurs budgets pour les faire tendre vers un peu plus de verdure ?

  4. [...] dans le blog d’Ecolo-Info impose dans son article sur Total des réflexions sur l’attitude que nous devons adopter face aux plus grands pollueurs de la [...]

  5. Luc Aleria says:

    Aux militants de tout poil…. Merci…. Mais faisons mieux.

    Oui, nous avons besoin de militants qui se battent pour des causes comme vous. Oui, cent fois oui. Cependant, ce qui me gène dans certains de vos propos, c’est une forme d’angélisme, de volonté de retour à l’état d’origine de la Terre quand Adam et Eve se promenaient tout nus à l’Est d’Eden….

    Posons quelques bases: oui, l’homme a abîmé son environnement. Oui, il l’a aussi réparé. Et même, il peut l’améliorer (cf gestion durable de nos forêts le cas échéant). Dans le même ordre, oui des sociétés pétrolières ont causé de grands dommages, non, ce n’est pas dans leur intérêt. On doit donc être vigilant mais pas borné. Vous n’aimez pas Total? C’est votre droit. Moi, je n’ai pas d’avis définitif. Mais d’une manière ou d’une autre, on a parfois besoin de sociétés actives dans ce métier. En un mot, voir des antagonismes n’aide pas à y voir plus clair.

    Je crois que nous faisons tous partie du problème….et donc de la solution. Suis-je meilleur que les autres? Et non, j’ai une vieille voiture, qui pourrait consommer moins si…je la changeais….. Alors que faire? Culpabiliser? Pas toujours probant…. Pleurer? Encore du sel par terre (via mes larmes…).

    J’ai déniché un dessin animé qui m’a donné quelques couleurs sur le changement climatique: http://fr.youtube.com/watch?v=b1kf_axslfk. Je serais intréressé de savoir ce que vous en pensez…

    A bientôt

    Luc

  6. Anne-sophie says:

    Bonjour Luc et merci pour votre commentaire,

    Ce billet est bel et bien là pour ouvrir le débat, et comme je le précise, dans une démarche moins militante que vous ne l’accusez, au contraire!

    Même dans une société plus écolo, il faut bien comprendre que l’homme aura toujours un impact sur son environnement, et il est aucunement question ici de prôner un retour à l’état de nature, simplification trop souvent faite par les détracteurs des arguments écolos justement… Les choses sont bien plus complexes, heureusement (ou malheureusement?)!!

    Ici donc, l’idée n’est pas de souligner les antagonisme, mais inciter les entreprises à être plus honnêtes avec elles-même, et les inciter à ne pas communiquer sur leurs actions durables tant que celles-ci restent un arbre qui cache une forêt… d’où le débat! Iriez vous d’ailleurs faire le même genre de reproche à Total?

    Enfin, pour votre vidéo, elle a été produite par l’European Chemical Industry Council (http://cefic.be/), et qu’il n’est pas nécessaire de faire un dessin pour saisir le point de vue très partisan… http://cefic.be/Templates/shwNewsFull.asp?HID=1&NSID=706

    Naturellement, les entreprises n’ont pas envie d’être brimées, et naturellement, que d’efforts effectués, là n’est pas la question tant leur rôle est nécessaire. Mais ne soyons pas naïf, regardons ce qui a eu lieu autour de REACH en l’occurrence. Oui le secteur des Chemical Industries est nécessaire, oui il fait des efforts, mais il peut beaucoup mieux faire et c’est en ce sens que les lobbies militants (ONG et autre contre pouvoir) ont un rôle à jouer contre les lobbies industriels! Nous savons tous comment le monde fonctionne non??

  7. Luc Aleria says:

    Oui, j’ai bien vu que http://fr.youtube.com/watch?v=b1kf_axslfk est signé Cefic: c’est à la fin du dessin animé…

    J’ai réussi à lire moi aussi. Bon, et après? Ils défendent leur point de vue et nous avons le notre. Quoi de plus naturel? Je suis d’accord avec vous, les contre pouvoirs, c’est toujours utile.

    Ceci dit, où est le problème avec ce dessin animé? Moi aussi, j’aimerais me payer un double vitrage moins cher et économiser sur ma facture d’énergie….

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