Ecolo-Info
 Aime ta forêt et la planète t’aimera!
De Julie • 13 novembre 2008 •
Catégorie: Informer/Partager

Pour convaincre la commission européenne de voter, dans le cadre de son projet de règlementation, pour des mesures efficaces contre la déforestation, Greenpeace a diffusé en juillet dernier un film … X !

Les vedettes de cette vidéo ne sont autres que des arbres où les feuilles, les troncs, les rameaux adoptent des gestuelles très … suggestives, le tout sur une bande-sons faites des râles et de soupirs évocateurs.

Arbres, on vous aime !

Dans le cadre de cette campagne l’organisation avait invité les internautes à déposer leurs propres photos mettant en scène leur amour de la forêt et à envoyer directement au président de la commission européenne José-Manuel Barroso une pétition visant à fair pression sur la commission afin de garantir que tous les produits en bois mis sur le marché européen proviennent de sources légales et de forêts durablement gérées.

Sachant que l’Union européenne est le plus grand importateur de bois au monde, l’Europe a une responsabilité particulière pour aider à mettre fin à la déforestation, à l’exploitation forestière illégale et à ses impacts sur le climat, la biodiversité et les communautés forestières.

Source: Flickr

Source: Flickr

L’exploitation illégale dans le monde c’est :

  • Près de 80% de l’exploitation forestière en Indonésie est illégale.
  • Entre 60% et 80% de l’exploitation forestière en Amazonie brésilienne est illégale.
  • Entre 1999 et 2004, 50% de l’exploitation forestière était illégale au Cameroun.
  • 20% du bois exploité en Russie est illégal.

Déforestation de l'Amazonie pour la production de soja

Déforestation de l’Amazonie pour la production de soja

En Europe, pour une fois les intérêts économiques s’accordent avec l’urgence écologique : les entreprises distributrices de bois ou de produits dérivés y trouvent également leur compte puisque selon l’étude d’impact réalisée pour la Commission Européenne (Indufor consultants 2007), le coût de la mise en oeuvre d’un système de vérification de la légalité est estimé entre 0.22 – 0.34 euro par mètre cube de bois. Ce coût est négligeable si on le compare à la dépréciation des prix occasionnée par le commerce de bois illégal, laquelle est estimée, selon une étude commandée par l’industrie américaine, entre 7 et 17% du prix des produits disponibles sur le marché (OCDE, 2007 ; Seneca Creek Associates, and Wood Resources International 2004).

Depuis juillet dernier la vidéo a été vue plus de 500 000 fois et la pétition a reçu plus de 90 000 signatures.

Déception et langue de bois…

Malheureusement, le projet de loi européenn contre la déforestation qui a été présenté le 17 octobre a provoqué la déception des associations de défense de l’environnement.

Le projet de règlementation prévoit de “réduire le risque [d’importation de bois coupé illégalement] par l’obtention de garanties par les négociants“. Les importateurs auront simplement à produire les informations suivantes : pays d’origine du bois, la description du lot importé, son volume ou son poids, nom de l’exportateur, informations sur le respect de la législation forestière du pays d’origine.

Crédit photo: Greenpeace

Si la déforestation est tenue pour responsable d’environ 20% des émissions de Gaz à Effets de Serre (GES) au niveau mondial (selon le rapport scientifique du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat – GIEC), soit plus que l’ensemble du secteur des transports, la règlementation des exploitations forestières intensives reste très complexe car elles s’inscrivent dans les discours politiques comme un outil majeur de développement économique pour ces pays en voie de développement (que ce soit l’Indonésie, la République Démocratique du Congo ou le Brésil). Discours révoltant lorsque l’on sait que la distribution des revenus de ces exploitations forestières ne profite pas aux populations locales.

Le prix de l’inaction en matière de déforestation coûte à l’économie mondiale entre 2000 et 5000 milliards d’euros par an, soit plus que les pertes accusées par Wall Street depuis le début de la crise financière actuelle.” souligne Grégoire Lejonc, chargé de campagne Forêts à Greenpeace France. Chiffres annoncés par l’économiste Pavan Shudkev dans The Economics of Ecosytems and Biodiversity, 2008.

Des accords pour l’application des réglementations forestières (FLEGT), gouvernance et échanges commerciaux sont en cours de négociation entre l’Union européenne et différents pays africains et asiatiques (dont Cameroun, Ghana, Congo-Brazzaville, Indonésie et Malaisie) afin d’organiser un système de traçabilité sur toute la filière et un contrôle de la légalité du bois qui sort de ces pays à destination de l’Union.

Au travers de ces accords visant à obtenir la traçabilité totale sur cette exploitation dévastatrice, l’Union Européenne doit faire pression pour lutter contre la corruption qui un des moteurs premiers l’exploitation forestière illégale.

Ce sujet de la déforestation s’inscrit au coeur des grands enjeux de notre siècle où nous aurons a trouver tous ensemble, pays du nord, industrialisés, et pays du sud, émergeants, une voie juste pour stopper les atteintes à notre planète tout en créant des voies de développement économique viables et durables.

++ Sources ++

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2 Réponses »

  1. [...] Lire la suite sur Ecolo-Info [...]

  2. A noter ce soir, une info vue sur le site de Greenpeace:
    http://blog.greenpeace.fr/forets/amazonie-un-projet-de-loi-devastateur

    Amazonie : un projet de loi devastateur

    Un nouveau projet de loi sur l’exploitation forestière va être soumis à l’approbation du parlement brésilien dans les prochains jours. Ce texte baptisé « zéro forêt » prévoit la réduction de la « réserve légale » de 80% à 50%. La « réserve légale » correspond à la surface maximum de forêt primaire que tout propriétaire terrien en Amazonie a le droit de couper à condition toutefois qu’il s’agisse d’une exploitation forestière sélective.

    Il a fallu 450 ans au Brésil pour détruire la quasi totalité de ses forêts côtières (Mâta Atlantica) qui couvraient à l’origine 1 millions de km2. En ce qui concerne la forêt amazonienne, le rythme de déforestation est 10 fois plus élevé. Plus de 700,000 km2 de forêt ont déjà disparu, en moins de quarante ans. Et si le parlement brésilien approuve le projet de loi « zéro forêt », la destruction de la forêt amazonienne s’en trouvera encore accélérée.

    Agissez maintenant en demandant au gouvernement brésilien l’arrêt de ce projet de loi sur le site http://meiaamazonianao.org.br/ (en portugais)

    Le projet de loi « zéro forêt » incite clairement à la déforestation et garantit l’impunité de milliers de crimes environnementaux. Le bassin de l’Amazone couvre 5% de la surface terrestre et abrite la plus importante diversité biologique de la planète. Le Brésil est dors et déjà le 4ème responsable des changements climatiques, principalement en raison de la destruction de ses forêts, qui représente 75% des émissions de gaz à effet de serre du pays.

    La destruction de la forêt amazonienne impacte tout aussi négativement le contexte économique et social du pays. L’humidité engendrée par la forêt est vitale pour le climat et l’approvisionnement en eau, non seulement dans cette région, mais aussi dans le reste du pays. Elle contribue ainsi directement à la production agricole et énergétique de toutes les régions du Brésil.

    A l’inverse, la déforestation n’a jamais contribué au développement social des 22 millions de brésiliens qui vivent en Amazonie. Pour preuve : 85% des travailleurs-esclaves du Brésil se concentrent dans les zones déforestées du bassin amazonien.

    Agissez maintenant en demandant au gouvernement brésilien l’arrêt de ce projet de loi sur le site http://meiaamazonianao.org.br/ (en portugais)

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