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Matière grise pour évolution verte

Plutôt superhéro ou plutôt colibri? ACT’Sense #17


Le 18 août 2008 | Par

Anne-Sophie

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Touchée par le virus de l'info & des médias, éco-convaincue de longue date, j'aspire à mobiliser les consciences à grande échelle...

Alors que la rentrée approche pour les enfants (!), voilà ci-dessous les visuels d’une campagne réalisée pour UNICEF Allemagne. Le message est simple: n’attendons pas les super-héros pour trouver des solutions aux problèmes de développement, agissons dès maintenant!

Crédit: UNICEF Deutschland – Agence Serviceplan – Campagne “Superhéro”

Légende: “Tant que Cap’tain Steeler n’apportera pas d’eau potable, nous aurons besoin de votre aide”

Crédit: UNICEF Deutschland – Agence Serviceplan – Campagne “Superhéro”

Légende: “Tant que Thunder White n’apportera pas vaccin contre le thétanos, nous aurons besoin de votre aide”

Crédit: UNICEF Deutschland – Agence Serviceplan – Campagne “Superhéro”

Légende: “Tant que Marbleman ne s’occupera pas des orphelin du SIDA, nous aurons besoin de votre aide”

En fait, cette campagne m’évoque plusieurs choses: avant tout, croire que les technologies (l’image que me renvoit le superhéro) permettront de nous sauver. Car oui, les innovations technologiques permettront de progresser en termes d’énergies propres, de limitation des déplacements, etc., mais elles ne permettront pas de tout résoudre, et nous n’avons plus le temps d’attendre qu’elles existent pour agir!

Ensuite, en regardant ces visuels je ne peux m’empêcher de rebondir sur une autre réflexion, en lien avec les questions de développement car touchant indirectement nos modes de vie dans les sociétés développées. Il y a quelques temps en effet, nous nous disions avec quelques amis que nos modes de vie de pays riches coupaient sans cesse les liens à la nature, à la “terre nourricière”, à cette forme de “sacré” qui fait la vie. Comptez seulement le nombre de fois où dans l’année – et ce essentiellement lorsque vous habitez en ville – vous avez un rapport avec la nature, où vous prenez le temps de respirer et profiter d’une balade au sein des éléments terrestres… Cela est rare non? Et n’avez vous jamais réalisé la mesure dans laquelle un tel rapport permet généralement de mieux saisir les interdépendances, les liens entre chaque éléments, entre ce que nous mangeons, produisons, utilisons, et ce que la terre peut donner et absorber en retour… Et à quel point il est important de recréer de tels moments de connexion pour ressentir le besoin d’arrêter le carnage…? Souvenez vous d’ailleurs de ces magnifiques propos de Théodore Monot: “qui ceuille une fleur, dérange une étoile…”

Or j’ai eu le plaisir l’autre jour de lire dans le bouquin de Séverine Millet dont on m’a tellement parlé (la stratégie du Colibri, chez Minerva) un propos allant également en ce sens, au tout début du livre, dans les préambules du passage à l’action. “Notre éloignement de la nature est une des raisons profondes de la crise écologique actuelle“, indique-t-elle, citant ensuite Thierry Thouvenot:

L’Homme occidental se vit comme séparé de la nature. Cela lui donne une impression artificielle d’abondance. Il ne sait plus comment sont produits les aliments qu’il mange, l’eau qu’il boit, l’énergie qu’il consomme. Il ne connaît pas non plus l’impact de la production des biens qu’il consommer, ni des déchets qu’il produit. Il en a parfois une connaissance intellectuelle, mais cela reste une idée, bien loin de la réalité physique, concrète, sensorielle. C’est comme quelqu’un qui serait coupé de son propre corps, et qui va donc avoir du mal à se rendre compte que son mode de vie a un impact sur sa santé.”

Dans les pays pauvres par contre, le rapport à la nature est tout autre, et les populations ressentent souvent plus directement que nous les effets de la pollution et des méfaits de nos modes de vie sur l’environnement… sans pour autant avoir accès à notre confort… Alors dans l’histoire au final, c’est qui les SuperHéros?


6 commentaires à “Plutôt superhéro ou plutôt colibri? ACT’Sense #17”

  1. Bôôh says:

    Et pourtant, les partisans de solutions techniques à tous nos maux sont encore largement majoritaires. Peut-être parce que c’est la voie qui leur demande le moins d’efforts, quitte à ce qu’elle n’apporte pas les solutions escomptées et nécessaires. On accepte bien que des enfants travaillent pour pouvoir renouveler notre garde-robe toutes les saisons, alors pourquoi la Terre ne s’étoufferait pas pour qu’on puisse continuer à tapoter sur nos claviers d’ordinateurs avec la clim à fond et un peu de soleil derrière nos stores électriques ? Hein, franchement, pourquoi se fatiguer ?

  2. Tann says:

    J’aime bien cette campagne ! Je pense qu’elle aura de l’impact sur de nouvelles cibles (sorry pour le vocabulaire marketing…)

  3. Matyas says:

    J’ai 2 remarques :

    - Sur la dernière partie de ton article je suis entièrement d’accord, c’était ma base de réfléxion pour mon diplôme d’archi, nous avons besoin de retrouver la nature en ville pour comprendre notre lien à l’alimentation et à l’environnement. Car finalement d’un point de vue urbain, c’est effrayant ! Le développement des mégalopoles est très récent (on va dire que cela s’est accéléré après la 2e guerre) : et oui les dernières fermes ont fermés il n’y pas si longtemps dans PAris ! Seulement donc 1 à 2 générations connaîssent une ville aussi urbaine et pollué ! Il faut que les gens comprennent que nous vivons dans des villes expérimentales : l’issue humaine dans cet environnement est méconnue à long terme et nous continuons à densifier !

    - Ensuite, je suis partagé pour les publicités…qui peut prétendre (au dela du super héros), décider, vouloir prendre la responsabilité d’un pays, d’une population ? Pour les sauver car nous sommes les responsables de leur conditions actuelles, notamment en Afrique ? Il faudra à ce moment la arrêter de la mépriser comme le fait Sarkozy (Ref : son discours en Afrique cette année). VOuloir “sauver” une population qu’on dit dans la misère, ce n’est pas nous considérer nous comme bien-portant et heureux ? Ne mourrons-nous pas, nous aussi d’un manque ? D’un manque cruel d’humanité qui est peut-être plus foudroyant qu’un manque de nourriture. (sans parler de nos excès de nourriture). Un autre problème est qu’à force de nous considérer “sauveur” (notion très judéo-chrétienne de déplacement de notre propre problème intérieur), nous faisons sentir aux populations que nous appelons “en développement” (toujours en comparaison à notre mode de vie), qu’ils ne peuvent vivre sans nous et pire, il nous envient d’en plus d’être “riche” matériellement, de sauver la veuve et l’orphelin.

    Donc, pour moi : oui on peut considérer que nous les avons mis dans la merde donc nous nous devons de les aider, mais faut-il encore trouver une solution viable à long terme et comme tu le dis, comprendre l’impact d’une société industrialisé comme la notre sur le reste du monde

  4. Nathalie J- says:

    Nous sommes déjà désolidarisés de notre corps, aujourd’hui quand on a mal à la tête ou des crampes au ventre, on prend des médicaments pour soigner sa douleur sans forcement chercher d’où vient le mal. Je ne suis pas médecin, mais c’est peut-être de là que viennent la plupart des maux: il faut savoir écouter ses douleurs avant de tout de suite se “paracétamoliser”.

    Pour l’environnement c’est pareil, on cherche des solutions avant de régler le mal : on construit de nouveaux réacteurs nucléaires, on veut faire des parcs à éoliennes, recouvrir le désert de panneaux solaires : qu’elle soit verte ou pas la solution à la problématique de l’énergie c’est surtout apprendre à consommer moins et mieux.

    C’est comme dans l’architecture, au lieu de se tourner tout de suite vers les moyens de chauffage écologiques et les climatiseurs d’énergie A, il faut d’abords se pencher sur l’isolation, l’exposition, la disposition des pièces, la circulation des flux … Encore une fois, architecte ce n’est pas mon métier, mais ce sont des principes qui me paraissent si simples et logiques, pas vous ?

    J’aime beaucoup l’idée de cette campagne, pourtant esthétiquement parlant, je ne suis pas convaincue car j’ai du regarder avec attention l’image pour comprendre ce qu’il s’y passait. Il y a beaucoup de détails sur le personnage dessiné et on distingue mal les enfants, la photo est également assez terne. Enfin , les gouts et les couleurs comme on dit ;-) L’essentiel c’est encore que le message passe !

    Biz ++ nathalie

  5. Matyas says:

    Une vidéo intéressante de DSS qui peut d’une manière se rapprocher de ce sujet… :

    http://www.dailymotion.com/related/x6i5fb_alimentationanticancer_tech/video/x3hj64_anticancer-david-servanschreiber?from=rss

  6. skum says:

    Juste 5 remarques :
    * ne pas oublier le facteur démographique : nourrir grâce à une parcelle 5 personnes ou 25 personnes , éduquer 30 personnes ou 150 personnes ne requiert pas forcément les mêms solutions
    * parmi nous combien de personnes n’ont pas de téléphone portable , d’ordinateur , de véhicule motorisé ,
    de réfrigérateur , ne partent pas en vacances , ne fait aucun achat à Noël ???
    l* es occidentaux ? : et les autres : qui peut reellemnt connaitre ce que veut la majorité de la population mondiale sachant que la diversité est totale : un ingenieur informaticien de Bangalore est il plus proche d’un ingenieur informaticien US ou d’un Kondh vivant dans l’Orissa
    * au niveau ecologique 15 maisons en bois est ce mieux qu’un immeuble en béton avec 15 logements ?
    * le + terrible est ce la misère intellectuelle ( manque de connaissances , de prise de recul , id’ndépendance d’esprit ) ou la misère “matérielle “( maison, acces à l eau, maladie ) ou la misère humaine ( solitude , guerre , absence de liberté , desesperance)

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