Mobilité: le produit, l’usage, le service # 2
Dans le premier volet de ce dossier, je me suis concentrée sur les nouveaux produits mis au point par les « constructeurs de mobilité« … concluant qu’il est nécessaire de se concentrer aujourd’hui sur l’usage, bien plus que sur le produit… Voilà donc le second volet de notre réflexion, dédié tout naturellement à l’usage!
L’usage
Nous le voyons, le produit ne peut apporter de réponse globale satisfaisante. Peut-être faut-il avant tout se pencher sur l’usage des produits existants. Un véhicule est aujourd’hui utilisé par 1,2 personne par jour pour des déplacements courts, et dans 27 % des cas pour moins de 3 km. Pire encore, ce symbole de la mobilité individuelle est immobile 92 % de son temps. Il y a donc un immense potentiel d’optimisation de l’existant. En considérant une personne qui chaque jour se rend sur son lieu de travail avec un véhicule émettant 200 g de CO2, seul : s’il accepte de covoiturer des collègues habitant sur son trajet, ou à proximité, il peut en maximisant l’usage de ce véhicule (4 personnes) passer d’une émission de 200 g/personne à 50 g. Le facteur 4 est donc accessible immédiatement, sans saut technologique et sans investissement financier personnel.
La question de l’usage porte aussi sur l’adéquation du moyen pour répondre à la demande. Un véhicule de plus d’une tonne pour transporter une personne sur une distance de moins de 4 km est inadéquate. Il est donc nécessaire de prendre en compte ce critère. Il y a en effet une différence importante entre l’habitant d’une grande ville qui utilise son véhicule personnel pour des déplacements multiples mais courts intra-muros et un professionnel qui cumule les déplacements sur de longues distances à la campagne. Dans le premier cas, l’usage de la voiture relève de l’incivisme et dans l’autre cas du service civique. Il est donc nécessaire de repenser le rapport fiscal aux véhicules, pas seulement sur ses qualités environnementales mais aussi, et surtout, sur l’usage qui en est fait.

Crédit Photo: American Public Transportation Association
Quand les entreprises indemnisent…
Certaines entreprises font ce qu’il faut pour encourager leurs salariés à repenser leur façon de se déplacer. Elles sont plus nombreuses à mettre à leur disposition des navettes, des parkings à vélo ainsi que des douches et casiers. Quelques-unes vont plus loin et offrent à leurs salariés une indemnité vélo. Il s’agit d’une indemnité kilométrique octroyée par un employeur aux membres de son personnel qui utilisent la bicyclette pour parcourir la totalité ou une partie de la distance entre leur domicile et leur lieu de travail. Cette indemnité sert bien entendue à couvrir les frais du cycliste, mais elle a surtout pour objectif d’encourager un plus grand nombre de travailleurs à prendre leur vélo. Cette indemnité est exonérée d’impôt jusqu’à 0,15 euro du kilomètre.
Le site du GARCQ, le Groupe de Recherche et d’Action des Cyclistes Quotidiens montre que l’indemnité kilométrique est perçue comme un avantage fiscal intéressant, puisqu’il permet à l’employeur de débourser moins pour rémunérer son employé. “La bicyclette permet de substantielles économies en frais de déplacement et en coût de parking, mais ce n’est pas le seul intérêt du déplacement à vélo. Outre leur ponctualité, les travailleurs qui se rendent à vélo au travail se montrent plus productifs : ils sont plus attentifs et concentrés, moins stressés, et, les statistiques le prouvent… moins souvent absents sur le lieu du travail pour congés de maladie.” Cela se fait surtout en Belgique ou aux Pays-Bas, en France, très peu.

Crédit Photo: One less car
Conseil en mobilité et visioconférences
Plus encore, des sociétés de conseil en mobilité se créent et permettent aux entreprises de mettre en place des plans de déplacement durables. Mobility + est un exemple: cette société créée en 2001 est aujourd’hui la deuxième entreprise de conseil en mobilité durable sur le marché français. Elle a pour mission de proposer des solutions de mobilité alternatives aux entreprises et collectivités soucieuses de répondre aux besoins en mobilité de leurs salariés en palliant les carences des modes de transports traditionnels. Les plans de déplacement au sein des entreprises sont le vecteur d’une prise de conscience et d’une appropriation progressive des risques environnements et des intérêts du changement. Il s’agit d’impliquer l’ensemble des acteurs économiques dans un changement de conception de la mobilité, et de le sensibiliser à une démarche d’amélioration continue (sensibilisation des acteurs, concertation, information et développement de nouveaux produits et services de transports, etc.).
Des entreprises de visioconférence vont plus loin en développant des outils permettant aux salariés de ne pas se déplacer. Visio CO2 est un service d’Ernst & Young qui permet de calculer les émissions de CO2 évitées grâce à la visioconférence, de quoi démontrer l’avantage que présentent les NTIC par rapport à l’avion, le train ou encore la voiture.

Crédit Photo: Visio CO2 Ernst & Young
++ Quelques Liens ++
- ADEME
- « Il y aura l’âge des choses légères », Thierry Kazazian . Victoire éditions
- La mobilité au lycée: Le Dauphiné, 27 mars 2008, « Au lycée de Monge de Chambéry, vélos et scooters électriques mis en location«
- Mobility +: http://www.deplacements.net/
- Visio CO2
- GRACQ et la brochure « A vélo au boulot » (pdf)
- Provélo : http://www.provelo.org/







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Si au Pays-Bas et en Belgique ça se fait plus qu’en France c’est aussi parce que les infrastrutures sont adaptées: même les grandes routes inter-cités sont doublées par des pistes cyclables (pas toutes mais pas mal) et les pistes cyclables en ville sont bien protégées (contre le stationnement) et respectées (surtout) ce qui est loin d’être le cas en France. Peut être que l’apparition des vélos en libre service va inciter les pouvoirs publics à revoir la façon de circuler (mais j’en doute)
De plus en région parisienne, il n’est pas rare que dans un couple l’un travaille à l’opposé de l’autre, obligeant à prendre un lieu de résidence sur un point central qui n’est pas forcément bien desservi.
Mon cas est l’exemple type: je prends la voiture pour aller au boulot et je mets 1h30 max A/R (en général 1h-1h15)
En transport en commun cela me prendrait 3h mini. A vélo c’est impossible (40km A/R c’est faisable par beau temps mais je dois porter un costume et je n’ai pas de douche dispo au boulot)
Seule ma femme prends le vélo ou le métro pour aller au boulot…
Bonjour,
C’est incroyable de se rendre compte que nos voitures sont immobilisées 92% du temps. Je n’y avais jamais pensé et je trouve ce chiffre très significatif !
Il faudrait développer en France la notion de télétravail. Je me suis faite épinglée récemment parce que j’essais de travailler de chez moi et c’est interdit par la législation semble-t-il pour des questions d’assurance ? Pourtant, pour les 3/4 des employés de bureaux qui vivent à 1 heure de bagnole et passent la journée le nez dans l’ordinateur ce serait une vrai aubaine ! On vient nous parler ensuite de la cohésion d’entreprise, de l’esprit d’équipe … Je suis d’avis que les transports stressent les salariés, qui sont pressés de rentrer chez eux le soir et quittent plus tôt le bureau …
Il serait aussi bien de changer l’image de la voiture électrique. J’habitais dans un village où il n’y a que des personnes âgées et elles roulent toutes en voiture, même pour faire 1 km pour aller chercher le pain, car elles disent que les voitures électriques sont pour les gens qui n’ont pas le permis. Les jeunes c’est pareil, même ceux qui se déplacent en ville et prennent le train ou l’avion pour les grandes distances ne prendront pas de voiture électrique car c’est moche et ça fait pas cool. Il faut dire que l’offre n’est pas des plus étoffée …
La voiture, c’est sure que c’est une aberration quand c’est pour un usage exclusivement personnel, mais on n’a pas fini d’en entendre parler car les pays en voie de développement vont vouloir vivre comme nous d’ici une dizaine d’année et s’équiper massivement. A nous peut-être de montrer le droit chemin en nous sacrifiant un peu plus au profit d’un air plus sain ( ca serait pas du luxe dans paris ) . Il serait bien que les municipalités appliquent une sorte de plan de construction de grands parkings à l’extérieur des villes, avec des navettes électriques ou des trams ou des vélos pour se déplacer en centre ville.
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