Ecolo-Info
 Le “Riddu Riddu” Festival : une petite tempête pour commencer…
De Matyas • 17 juillet 2008 •
Catégorie: Respirer/Voyager

En Sàmi, “Riddu Riddu” signifie “petite tempête qui souffle le long de la côte”…et veut tout dire : le nouveau “vent” Sàmi, le lien à la nature, l’expression poètique et artistique, la fierté Sàmi. En effet, ce Festival est organisé par des Sàmis de la mer. Il y a en réalité plusieurs ethnies Sàmi: les éleveurs de rennes, les pêcheurs et les agriculteurs. Nous avons beaucoup parlé des Sàmis éleveurs de rennes mais très peu des Sàmis de la côte qui ont subi plus de racisme et qui le subissent encore. La langue est très peu parlée et se perd, malheureusement.

Affiche du Festival Riddu Riddu

Le Riddu Riddu a été et est encore une petite tempête, dans la région. Il accueille 2 000 visiteurs, 200 organisateurs et regroupe un nombre d’artistes indigènes du monde entier, Nenets, mongoles, Inuits, Navajos, indigènes du Pérou, d’indonésie, de Taiwan, de l’Altaï…et donne un espace d’expression libre à ces peuples que l’on cherche a écraser. A ce sujet d’ailleurs, je vous invite à suivre ce lien sur Feminin Bio pour visionner une vidéo-interview d’Emilie Barrucand, qui milite auprès des peuples indigènes d’Amazonie, son discours est passionnant!

Photo Emilie Barrucand CAPA

Emilie Barrucand en compagnie d’Indiens Kayapo- Association Wayanga – Crédit Photo: agence CAPA

Je ne vais pas pouvoir tout raconter de cette fabuleuse semaine de travail au Riddu mais je voudrais vous faire part d’une interview que j’ai faite de Ragnhild Dalheim Eriksen, la leader du Festival, le dernier jour. Après 1h d’interview vidéo et de discussion elle m’a dit “nous aurions dû commencer par cela, discuter ensemble“.

Ragnhild (prononcez comme vous pouvez), est très jeune, entre 20 et 25 ans, mais est d’une détermination impressionnante. Son ton est assuré, ses paroles mesurées et la fierté Sámi se lit sur son visage. Elle m’a accordé une interview le dernier jour du Festival, ce qui a donné une conclusion très forte à l’événement, à la hauteur de mes espérances. En attendant la vidéo, voici un extrait :

© Anneli Branfjell

Ma première question a été “pourquoi le Riddu à été crée ?”. Elle m’a expliqué que les initiateurs voulaient faire bouger les mentalités et les a priori sur les Sàmis et créer un évènement culturel fort dans la culture Sámi. Ensuite, je lui ai demandé de me raconter ce que signifie “être Sámi” pour elle. Elle m’a dit qu’elle avait toujours eu honte, ses parents ayant subi la “Norvégiannisation”, ils ne parlent pas le Sàmi. Puis à l’âge de 14 ans, soudainement, c’est devenu une fierté pour elle, elle a osé porter la robe Sàmi. Elle souhaite surtout que les jeunes soient fiers d’être Sàmi et prennent dans les traditions de quoi remodeler la culture à leur souhait, en innovant. Elle dit que c’est que comme cela que la culture peut survivre. Enfin, je lui ai demandé pourquoi créer un des plus grands rassemblements de cultures indigènes en Europe ? Sa réponse ma fait un frisson dans le dos : “Car nous, les peuples indigènes, ne sommes pas sur Terre par hasard, nous sommes proches de la Terre Mère, avons une conscience et une connaissance écologique dans notre sang. Nous devons donc le dire“.

Ces mots résonnent encore en moi…

© Anneli Branfjell

Selon elle, je ne pourrais parler correctement des Sàmis que si je les connais de l’intérieur, afin d’être en mesure de transmettre le vrai message à leur sujet. Elle m’a dit aussi que les Sàmis ne sont pas si écolo que cela dans le concret : leur vie, plus facile aujourd’hui, porte les plaies du passé; ils utilisent donc les moyens modernes (motoneige, fusil, maison, internet…), mais la tradition est là dans les esprits… et l’esprit Sàmi reste plus proche de la nature que jamais!

NB: Retrouvez toutes les news du voyage www.lepeupledusoleil.com sur le Blog Archi Vert pour l’architecture et sur Ecolo-Info pour le reste!

Partager :
  • RSS
  • Fuzz
  • del.icio.us
  • Facebook
  • Scoopeo
  • Google Bookmarks
  • Ddurable
  • Wikio FR
  • TwitThis

Matyas est Reporter-Photographe et Vidéaste. Créateur de la rencontre ethno-écologique LePeupleDuSoleil.com, il vit avec les éleveurs de rennes Sàmis, derniers nomades d'Europe.
Envoyer un email à l'auteur | billets de Matyas

4 Réponses »

  1. un petit mot pour continuer de dire merci pour ces partages, lire ce blog m’entousiasme beaucoup.

    L’interview d’Emilie Barrucand donne envie d’en savoir plus et surtout de faire l’expérience de telles rencontres avec la nature, avec la sagesse de ces peuples anciens.

    rien de tel que d’être dans le silence de l’expérience, comment vas-tu faire pour connaître les samis de l’intérieur alors ? d’autres projets sont-ils en devenir ?

    quand tu dis que les samis ne sont “pas si écolo que ça dans le concret “, qu’est ce que ça veut dire être écolo ? ce serait vivre comme les amish, avec des chevaux pour voiture, sans téléphone et télévision …
    c’est vrai ça veux dire quoi être écolo ? c’est une attitude intérieure d’abord non ? il faut quand même bien vivre avec son environnement non ?
    bon si d’autres veulent répondre à cette question, ça m’interesse bien ….

  2. OUi, ca serait bien que les Zecolo-info bloggueurs donnent leurs opinion sur ce que c’est pour eux, “être écolo” !

    Pour donner un plus d’explication, les indiens Kayapos, dont parle Emilie Barrucand, ont un impact écologique sur la planète qui est à Zéro ! Je dirais même que pour eux on peut inverser dans le bon sens car ils font du bien à la terre sur laquelle ils vivent, ne puisent que ce qu’ils ont besoin, la respecte, l’entretiennent…tandis que les Sàmis ont eu une assimilation trop forte pour pouvoir resister, ils ont donc dû devenir Norvégien il y a longtemps déjà. Sur les 4 pays sur lesquelles ils vivent, ils sont peu à se revendiquer Sàmi, car c’était une honte et peu à vivre encore très proche de la nature. Leur impact sur la planète est donc assez polluante.

    Même les éleveurs de rennes utilisent des mode de déplacements polluants et vivent dans des maisons. Il est vrai que “être écolo” chez eux est la connaissance qu’ils ont de la nature et le lien presque “spirituel” qu’ils ont avec la Terre. Et ils ont conscience de leur pollution et certains Sámis m’ont dit désirer que cela change.

    Mais ma définition de “Etre écolo” est justement pour moi la conséquence de l’attitude intérieur, quand on passe à l’action ! On a plus le temps d’idéaliser la nature, il faut pour moi, redescendre sur Terre et réaliser qu’il y a Urgence à changer nos comportements dans le plus concret qu’il soit !

    Pour moi être écolo ce serait par exemple :

    - Eviter de prendre l’avion et sa voiture,
    - Acheter Bio
    - Acheter en Vrac et non emballé
    - Construire sa maison avec des matériaux sains, non polluants
    - Avoir des panneaux solaires ou récupérations d’eaux ou puits canadiens ou éoliennes autres procédés

    Bref, Se penser comme faisant parti de la nature et non juste des Habitants de la Terre, nous ne sommes pas des Habitants de la Terre, nous sommes la Terre !

    Pour reprendre ta phrase “qu’est ce que ça veut dire être écolo ? ce serait vivre comme les amish, avec des chevaux pour voiture, sans téléphone et télévision …”

    J’avoue que j’aime pas qu’on lessive mon cerveau donc cela fait plus de 10 ans que je ne regarde pas la Télé, mon téléphone est Off la plus part du temps car les ondes c’est pas tres bon on dit, la voiture, ca pollue : bien sur qu’il faut vivre avec son temps mais en construisant et en inventant un mode de vie non polluant et non destructeur. Ce n’est pas parcequ’on ne connait que ce mode de vie depuis qu’on est née qu’il n’en existe pas d’autre !

    Tu dit “c’est une attitude intérieure d’abord non ? il faut quand même bien vivre avec son environnement non ?”. Que veux dire “vivre avec son environnement” pour toi ? Vivre avec son temps ?

    Pour moi, les Kayapos vivent beaucoup plus avec leur environnement que nous, car ils ne le compromettent pas. Peux-on d’ailleurs dire que les pays industrialisés “vivent” quand ce “vivre” rime avec “menacer” ou encore “détruire” ?

    Je suis d’accord qu’il faut d’abord en avoir conscience pour pouvoir agir, mais ensuite, je pense que l’étape suivante est de donner l’exemple, de s’engager soi-même dans des trucs les plus basiques possibles “bon, a partir d’aujourd’hui, j’arrête d’acheter ce truc qui pollue, je prends ca qui est biodégradable, ou je le fabrique moi-même”.

  3. [...] pris en stop avec sa fille hier et nous nous sommes rendus compte que nous étions ensemble sur le Riddu Riddu. Elle y était conteuse pour les enfants. C’est un sacré personnage, June. Elle me raconte [...]

  4. [...] beaucoup raconté sur Ecolo-info mon aventure en Sàpmi (Laponie) : ma rencontre avec les Sàmis pêcheurs habitants dans les vallées-fjord près de la mer, puis mon séjour sur les plateaux avec les [...]

Laisser une réponse